En avent-première

Ce pourrait-être le clap de début du tournage d’un film ou bien encore une invitation à le découvrir avant sa sortie officielle. L’un et l’autre nous promettent une attente et une naissance : la naissance d’un tournage, la mise en image et son d’une histoire et l’attente de sa diffusion. Cette période qui fait nous tourner nos regards vers Noël inspire toujours cette magie bizarre qui fait que dès qu’apparaissent les premières lumières des villes, les premières décorations dans les commerces nous semblons être appelés à une attente impatiente. Même si l’attente de Noël suit toujours le même scénario, que nous connaissons tous, la même mise en scène que nous répétons chaque année : celle du rituel des décorations et de la crèche.

La crèche : quel bonheur !

Encore aujourd’hui, on trouvera dans toutes les crèches du monde et même ici à Jérusalem et comme à Béthlehem, un mioche en plâtre, de trois ans, hilare, habillé en premier communiant. En attendant , les personnages sont déjà là : la mère qui regarde sans inquiétude un lit de paille vide et le « père », entre l’extatique du jour, le ravi de la crèche sembler rester perplexe. Sans oublier les moutons, expulsés pour l’occasion de leur abri et exclus de leur mangeoire, broute cette pauvre mousse que les enfants étaient allés chercher et qui s’est desséchée depuis. Les anges à trompettes et autres joueurs de cornets à piston, avec celui (quand ce n’est pas un esclave noir) qui baisse la tête pour mieux voir ce que l’on vient de mettre dans son obole : vous croyez encore que c’est pour dire merci ? Les chiens aboient, la caravane passe, celle des mages mieux habillés que votre sapin synthétique de Noël.
Et pourtant devant tant de… allez disons-le, de mièvrerie , un air d’admiration et un frisson de contemplation nous envahit toujours et qui ne tient pas qu’à la nostalgie de notre enfance. Sans doute est-ce parce que, derrière ces images d’Epinal, nous devinons une invitation à regarder le futur avec espérance à partir d’une histoire que nous connaissons déjà : celle de la naissance d’un enfant, chaque année, le 25 décembre.

 


Hanoukkah
envoyé par François

 

Et l’espérance dans tout çà ?

La première semaine de l’Avent a coïncidé avec la fête juive de Hanoukah. Fête des lumières, célébrant la victoire de la foi sur le paganisme depuis le 2nd siècle avant l’ère chrétienne. Mais pour les chrétiens, ici comme ailleurs, il ne s’agit pas de fêter une victoire (loin de là !) mais une espérance. Un mot particulièrement chargé ici pour les chrétiens de Jérusalem : c’est l’espérance de pouvoir continuer à vivre à Jérusalem dans la paix soutenue par Celui qui ici, il y deux milles ans est venu apporter le Salut à tous. Il est difficile d’entendre ce dimanche 9 décembre :  »Le loup habitera avec l »agneau, le léopard se couchera près du chevreau. Le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. » (Isaïe 11,6) sans penser à la situation présente, et à la question d’un improbable partage de la ville dite  »sainte » et la question des territoires occupés.

Et à quelques kilomètres du lieu de là, au delà du mur, au lieu de la Nativité – Béthlehem – si des enfants posent dans la crèche les mêmes personnages que chez vous, ils entendent peut-être autrement ce mot d’ESPERANCE mais avec la même JOIE que nous inspire l’approche de Noël.

Dans l’attente de Noël, je vous souhaite

cette JOIE et cette ESPERANCE

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