Marc et le court évangile de Jésus

Marc et le court évangile de Jésus

(article modifié le : vendredi 10 novembre 2017)

La prochaine année liturgique – eh oui, déjà ! –  privilégiera l’évangile de Marc. Année B dit-on. B comme balade ? comme brièveté ? C’est ce que l’on pourrait tout du moins penser. Avez-vous remarqué ? Lorsque l’on évoque un évangile en particulier, il nous vient parfois des passages qui le caractérisent. Matthieu ? Les béatitudes, le sermon sur la montagne, les ouvriers de la 11ème heure… Luc ? Zachée, le bon samaritain, le fils prodigue… Jean :  le Verbe fait chair, la Samaritaine, Cana, Lazare… ! Marc ? Le plus court !

Voilà qui vient à l’esprit quand l’on évoque Marc, « le plus court » accompagné d’un petit rictus de soulagement : enfin un évangile « facile », un « résumé » comme on l’a trop souvent et maladroitement qualifié.

L'évangile de Marc est-il aussi court que l'on pense ? Click To Tweet

Le plus court ?

Certes, sa lecture demande tout au plus deux heures, les épisodes nombreux sont souvent brefs, et les longs discours plus que rares. Mais l’on aurait tort de confondre brièveté avec facilité. Le chemin le plus court n’est pas toujours le plus facile, ni le plus rapide et n’est que rarement synonyme de ‘raccourci’. Le chemin qu’on pensait être plus court, nous le savons, est souvent ou bien le plus sinueux, obligeant à nous détourner de la ligne droite, ou le plus abyssal amenant son lot de vertiges, ou encore le moins praticable avec ses nids-de-poule, ses passages inondés, ses sables mouvants… Et même sur les mers ou dans les airs, la ligne droite n’est que rarement la route la plus rapide, ne tenant compte ni des vents contraires, ni des intempéries, ni du trafic.

Au désert

Ainsi, quoique qualifié de « plus court », l’évangile selon Marc n’a rien d’une ligne droite. Comme nous le verrons, il nous fait prendre pas mal de détours, nous menant là où l’on n’aurait jamais pensé poser le pied ou du moins pas de cette manière. Ses premiers versets sonnent d’ailleurs comme un avertissement. Marc nous dépose au désert, abruptement, un lieu sauvage ; ce désert qu’on imagine semblable à celui de Judée, vallonné, escarpé, rocailleux. Et malgré les difficultés, pas le temps de lambiner.  S’il n’est pas ce raccourci qu’on s’imaginait prendre, Marc est au moins le plus rapide. On y marche vite. Ouvrir l’évangile de Marc, revient à s’engouffrer dans ce désert à la découverte d’un Tout-Autre mettant à bas les raccourcis de nos certitudes et pressant le pas pour nous faire passer d’une étape à l’autre,  du désert au Golgotha…

…d’hier à aujourd’hui.

Marc n’a pas écrit son évangile pour qu’il soit le plus petit, le plus court, le plus rapidement lu, mais pour qu’Il, le Christ, soit le plus proche, s’approche de nous. Marc dont la vie et celle de sa communauté blessée a sans doute beaucoup à nous faire entendre aujourd’hui. Aussi, avec cette nouvelle année liturgique, je propose d’embarquer avec Marc à bord de son Évangile, et de naviguer aux côtés de Jésus, sans savoir si cela nous conduira ici ou là, à Pâques ou à la Trinité. Je n’interdis pas quelques escapades, mais il restera – je l’espère – le fil rouge de cette année. Avec lui nous suivrons donc Jésus dans ses succès, comme dans ses drames, dans nos relèvements comme dans nos trahisons, dans les guérisons comme dans les persécutions et autres tempêtes. Une nouvelle année B, comme bourlinguer, ballotter, bonheur … !

À suivre …

 

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