Préambule à trois voix

Préambule à trois voix

(article modifié le : dimanche 17 décembre 2017)

En quelques mots, tout est là, le début et la fin. Tout semble déjà dit : le dénouement victorieux et le nom du vainqueur. Et pourtant rien n’est encore totalement dévoilé :

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu; comme il est écrit dans Isaïe le prophète : « Voici,  j’envoie mon messager devant toi, qui balisera ton chemin. Une voix crie dans le désert, préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » 1,1-3

Parole de Foi

C’est la voix de Marc qui d’abord retentit, voix de ce commencement, hymne de la Victoire, Bonne Nouvelle comme déjà sortie du tombeau. L’histoire est célèbre et célébrée mais nous avons, encore et toujours,  à re-connaître Jésus qui s’avance (Mc 1,9) pour le confesser comme Christ (Mc 8,29) et le contempler, au vendredi saint, comme Fils de Dieu (Mc 15,39). Si ce commencement désigne la fin, le chemin quant à lui, bien que balisé, reste encore à parcourir, chemin de découvertes, de déconvenues, de conversions, de joies à l’écoute de Celui qui vient.  Première voix, parole de Foi sans crainte.

Voix d’une Espérance

Et dans la bouche de l’évangéliste, jaillit maintenant le chant du prophète, venant du cœur de l’Écriture (Is 40,3). La voix de Marc se mêle à celle d’Isaïe introduisant le ‘livre de la consolation‘ (Is 40-55). De la Judée à Rome, c’est la fin de l’exil, de l’humiliation et du péché, pour tout le peuple, pour nous, d’hier à aujourd’hui. L’avenir est là. Son messager porte Sa Parole et nous devance. Dieu, l’invisible et l’ineffable, se donne à voir et à entendre.  La gloire du Seigneur se révélera et toute chair, d’un coup, la verra, car la bouche du Seigneur a parlé… Dieu vient (Is 40,5.11). Deuxième voix, voix de l’Espérance en un Dieu d’Alliance qui répond à l’attente de son peuple, à nos attentes, par son Christ.

Cri de la Charité

Désert de Judée

Et si Marc chante Isaïe, le prophète  nous fait prêter l’oreille à cette autre voix qui crie dans le désert.  Sans doute influencés par Matthieu, Luc et Jean, nous associons trop rapidement cette troisième voix à celle annonçant le Baptiste. Or cette voix n’est encore, à cette étape, qu’un cri anonyme. Pour « crier » l’évangéliste au lion emploie ici un verbe grec particulier : Boaô /βοάω qu’il n’emploiera qu’une seule autre fois – ce qui lui donne toute son importance – dans la bouche même du crucifié qui  à la neuvième heure cria d’une voix forte: « Éli Éli lama sabactani » (15,39). Si la voix du désert nous invite à épierrer, déblayer, araser le chemin de nos vies,  c’est pour mieux nous préparer au cri de la croix.  C’est la même bouche de Dieu qui, de la parole d’un commencement au cri d’une vie offerte, répond aux clameurs de toute l’Écriture et à celles de tous hommes.

Cri du sang innocent d’Abel (Gn 4,10), cri d’un peuple assoiffé au désert (Ex 15,25), cri du pauvre qui appelle (Dt 15,29)… Et sur notre chemin d’évangile, tant de voix encore s’élèveront : depuis les hurlements de possédés jusqu’aux pleurs des endeuillés; depuis l’appel implorant d’un aveugle jusqu’aux injures des bourreaux; depuis la louange d’une foule jusqu’au chant d’un coq. Comme en réponse à toutes ces voix, qui sont aussi les nôtres, la parole du Seigneur et le cri de son Christ rugissent en cette troisième voix, celle de l’Amour de Dieu, voix qui appelle, qui soigne, qui encourage et donne vie : amour ardent jusqu’à la croix, ton donné afin que tous s’accordent. Que nous ne soyons sourds ni aux cris des hommes, ni à la voix de Dieu !

Et dans ce désert revenu, un temps, au silence, la voix de Jean le baptiste.

à suivre

 


Lecture de  Mc 1,1-3.


 

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