Mission pour les Douze

Mission pour les Douze

(article modifié le : vendredi 2 février 2018)

Mc 6,6b-13 Mission des Douze

La mission comme un don.

Et Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant. 7 Alors il appelle à lui les Douze, et commença à les envoyer deux par deux, en leur donnant autorité sur les esprits impurs. (6,6b-7)

L’épisode précédent nous avait relaté cette quasi-fin de non-recevoir de la part des gens de sa patrie. Mais cet échec, relatif, n’arrête en rien la marche de Jésus et ses disciples dans les alentours. Bien plus, c’est justement le moment qu’il choisit pour les envoyer seuls, sans lui. Derrière ce petit passage nous pouvons lire toute l’expérience des premiers chrétiens et de la communauté de Marc. Après l’échec apparent de la mort de Jésus, après les persécutions, les chrétiens n’ont cessé d’annoncer la Bonne Nouvelle du Ressuscité.

Cette mission est décrite comme l’initiative même de Jésus. C’est lui qui appelle, lui qui envoie et lui qui donne. Car la mission est avant tout un don : celui de son autorité sur le mal. Jésus donne pouvoir aux Douze, qu’il avait précédemment choisi, en vue d’un bien destiné à libérer les hommes des esprits impurs et de bien d’autres maux et péchés. La mission de l’Évangile n’est pas l’initiative du missionnaire, ni son affaire personnelle, ni en vue de sa propre gloire. En les envoyant deux par deux, Jésus leur permet de taire leur orgueil en travaillant ensemble à l’Évangile. Et pour tout dernier don, il n’oublie pas ses consignes quant aux bagages et leur attitude.

Des bagages pour une pâque

Il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, sinon un bâton seulement , ni besace, ni pain, ni monnaie dans la ceinture ; mais d’être chaussés de sandales, et de ne pas prendre deux tuniques. (6,8-9)

Il n’y a pas à dire : les bagages sont plus que restreints. Un bâton, des sandales, une tunique, une ceinture. C’est un équipement bien pauvre. Pauvreté évangélique certes mais qui n’est pas sans rappeler la première Pâque de Moïse : C’est ainsi que vous mangerez  [la pâque] : vos reins ceints, vos sandales aux pieds et votre bâton en main. Vous la mangerez en toute hâte, c’est une pâque pour le  Seigneur. (Ex 12,11). Nous sommes dans la continuité de l’épisode précédent qui évoquait en Jésus ce nouveau Moïse attendu.

À la parole de Jésus, les douze disciples sont envoyés sur la route de la mission dans l’urgence d’une pâque. Ou pour le dire autrement, la mission confiée tient de cette délivrance et de cette rencontre avec Dieu, au sein d’une Alliance. Les guérisons, les exorcismes de Jésus en étaient déjà les signes – nous l’avons évoqué à plusieurs reprises. À travers Jésus et maintenant ses douze apôtres, c’est une nouvelle pâque qui s’annonce pour tous et pour bientôt. Nul besoin de s’embarrasser du superflu.

Si quatre équipements suffisaient, quatre autres sont inutiles : la besace, le pain, la monnaie et la seconde tunique.  La besace et le pain car le Seigneur leur donnera une nouvelle manne, des pains à profusion qu’ils n’auront nul besoin d’acheter. Et cela très bientôt, la tunique de rechange ne servira à rien.

Toujours sortir

Et il leur disait : « Où que vous entriez dans une maison, demeurez-y jusqu’à ce que vous sortiez de ce lieu. Et si dans une localité, ils ne vous accueillent pas, ni ne vous écoutent, sortez de là, et secouez la poussière de dessous vos pieds en témoignage pour eux.  » (6,10-11)

La mission est avant tout un lieu de rencontre avant d’être une opération de propagande. Elle est décrite ici en terme d’accueil et de lien durable (demeurez). Les Douze doivent prendre le temps de vivre ‘en maison’, c’est à dire dans une proximité quasi-familiale, d’être présent à l’ordinaire des gens, d’écouter avant de parler. Comme Jésus a su s’asseoir à la table des pécheurs, entendre les cris, les pleurs, les demandes, avant de livrer ses bienfaits.

Mais la mission comporte aussi une part de souffrance, d’échec et de rejet que Jésus ne cache pas à ses douze apôtres. Il les avertit du manque d’écoute et d’hospitalité qu’ils auront à vivre. Alors tant pis pour ceux-là qui les rejettent. Les apôtres partiront ailleurs, sans rien leur prendre, pas même cette poussière collée  à leurs sandales.

Douze serviteurs

Étant donc partis, ils proclamèrent la conversion; ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à beaucoup de malades et les guérissaient. (6,12-13)

Les disciples n’ont pas seulement revêtu le vêtement pascal, ils ont revêtu la tenue du Christ qui lui-même proclamait l’Évangile, chassait les démons, guérissait les malades, s’installait dans leurs maisons… Ces Douze n’inventent pas la mission, ils ne sont que les simples serviteurs de leur Seigneur qui les mène vers la Pâque. Chemin qui comme au temps de Moïse sera aussi balisé de dangers, de tentations, et de trahisons, mais aussi de manne et de réconciliation avant l’Alliance.

à suivre


> consulter les articles précédents <<

Mc 6,6b-13


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