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Étiquette : Pain de Vie

Pain de vie (5/5) – A qui irions-nous ?

Pain de vie (5/5) – A qui irions-nous ?

21ème dimanche du Temps Ordinaire — Année B – Évangile selon Jean (6,59-69)

De la fraction à la friction

En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : «Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ?»  Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : «Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ! …» (6,59-62)

La confession de Saint Pierre, James Tissot, 1894Nous voici au terme de ce chapitre six de l’Évangile selon Jean. Nous sommes ainsi passés d’une foule au bord d’un lac (scène en extérieur 1/5 et 2/5), aux juifs pieux de la synagogue de Capharnaüm (scène d’intérieur 3/5 et 4/5) pour nous retrouver, maintenant, au sein du cercle des disciples (scène intimiste). Même le « pain » semble aussi suivre ce même mouvement de focalisation : les pains d’orge multipliés deviennent le pain descendu du Ciel, nouvelle manne en Jésus-Christ. Le pain symbolique fait place au véritable pain divin en sa chair et son sang, donné pour la vie éternelle.  Tout nous oriente vers le mystère du Christ lui-même s’offrant pour le salut de tous.

Pourtant, la réaction à ce discours ne vient pas de la foule avide de miracles, ni de la synagogue pointilleuse en matière d’orthodoxie. Ce sont ses disciples, beaucoup de ses disciples, qui sont scandalisés par ses propos. L’unité autour de la multiplication et de la fraction des pains semble oubliée pour faire place à la friction et à la division des disciples. Que s’est-il donc passé ?

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Pain de vie (4/5) – Chair et sang du Fils de l’homme

Pain de vie (4/5) – Chair et sang du Fils de l’homme

Dimanche, 20ème Semaine du Temps Ordinaire — Année B – Évangile selon saint Jean (6,51-58)

Vie et alliance jusque dans la chair

En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » (6,51-52)

Arche de Noé, Mosaïque de la chapelle palatine de Palerme, XIIs.

Précédemment, la prétention de Jésus, ce fils de Nazaréens, à se prendre pour le pain « descendu du ciel », avait suscité bien des incompréhensions. Maintenant, le voilà déclarer qu’il donnera sa chair à manger… Une affirmation suscitant querelles et désaccords houleux. La chair1 dans le langage biblique s’entend pour parler, non de la ‘viande’, mais du corps et de la personne dans toutes ses dimensions. Le corps de chair comprend l’idée de créature vivante tels les animaux lors du récit du déluge : De tout ce qui vit, de tout ce qui est chair, tu feras entrer dans l’arche deux de chaque espèce (Gn 6,19), mais aussi de l’être humain et des relations humaines : c’est la chair de ma chair (Gn 2,23) s’écrit Adam à propos d’Ève ; Il est notre frère, notre chair (Gn 37,27) dit Juda à propos de Joseph.

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Pain de Vie (3/5) – Jésus, Pain de Vie, Pain du Père

Pain de Vie (3/5) – Jésus, Pain de Vie, Pain du Père

Dimanche, 19ème Semaine du Temps Ordinaire – Année B – Évangile selon saint Jean (Jn 6,41-51)

Nous avons encore ‘oublié’ quelques versets 6,36-40 où le Christ insistait sur la volonté du Père d’envoyer son Fils pour qu’aucun ne se perde. Cette parole de Jésus débouche ainsi naturellement sur une contestation visant son identité et son autorité de Fils.

Descente et descendance

En ce temps-là, les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : ‘Je suis descendu du ciel’ ? » (6,41-42)

Raffaellino del Garbo, Multiplication des pains et des poissons, 1500 (détail)Jésus descend-il de Joseph – des hommes – ou du ciel – de Dieu ? La remarque de ces quelques contestataires rend compte du malentendu à propos de Jésus. Comment cet homme peut-il déclarer descendre du ciel puisqu’il est né au sein du peuple, en bas ? C’est bien le mystère du Verbe fait chair (Jn 1,14) qui est ici soulevé et bien plus. Dans la pensée biblique, il y a toujours cette difficulté à faire se rejoindre le monde céleste de Dieu (éternellement saint, pur, parfait, glorieux, puissant) et le monde terrestre (souvent pécheur, faillible, mortel, impur…). Cet ‘impossible’ contact – sinon dans la pureté parfaite et impossible – trouve maintenant sa réalité dans cette folle initiative de Dieu : en Jésus, le Verbe de Dieu s’est fait chair et a rejoint, par pur grâce, le monde des hommes en vue du salut.

Il est naturel de créer dans nos vies des espaces bien séparés : l’espace professionnel, la vie familiale, le domaine des loisirs, celui de la prière… Mais cette séparation ne doit pas faire oublier la nécessaire unité et cohérence, dans la foi, de tout notre être et de toute notre vie, sinon nous ne serions que des comédiens occasionnels et maladroits. La foi en Christ nous oblige à cette vérité qu’est la cohésion entre notre foi et nos actes avec tout notre entourage, au risque de l’humilité et de la compassion.

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Pain de vie (2/5) – La nouvelle manne

Pain de vie (2/5) – La nouvelle manne

Dimanche, 18ème Semaine du Temps Ordinaire – Année B -Évangile selon saint Jean (6,24-35)

Chercher Jésus

En ce temps-là, quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus. L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés.  Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » (6,24-27)

La récolte de la manne, 1470, à la Chartreuse de DouaiLa liturgie a passé outre l’épisode de la marche sur les eaux, et nous voici à Capharnaüm avec la foule à la recherche de Jésus. L’épisode précédent semble avoir quelque peu permis à la foule de changer son regard sur Jésus : il n’est plus le Prophète annoncé par Moïse, ni le futur Roi successeur de David, mais un ‘simple’ rabbi. Ils ne le suivent plus à cause des guérisons mais en raison des pains multipliés. Mais que ce soit ce miracle ou un autre, la foule demeure tournée vers un passé : celui des gestes autrefois accomplis par Jésus. La réponse de ce dernier leur indique une autre direction : l’avenir, celui de l’avènement du Fils de l’Homme – figure du Messie eschatologique1 – et d’une autre nourriture qui rassasie définitivement.

Jésus ne donne pas dans la nostalgie d’un passé souvent magnifié mais ‘perdu’ et dont nous avons à faire le deuil. Il nous tourne résolument vers cet avenir qu’il vient éclairer et nourrir. Il nous faut passer d’un savoir sur Jésus (quand es-tu arrivé ici ?) à une rencontre déterminante avec lui et le Père.

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Pain de Vie (1/5) – Cinq pains, deux poissons, quatre invitations

Pain de Vie (1/5) – Cinq pains, deux poissons, quatre invitations

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,1-15 (17 dim. du T.O. – année B)

Son regard

En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades. Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples. Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche. Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. (6,1-5a)

Première observation : Comment Jésus peut-il voir cette foule venir à lui, s’il lève les yeux du haut d’une montagne tout en étant assis avec ses disciples ?

Le miracle des pains et des poissons, Juan de Espinal, 1750

Ces premiers versets opposent deux regards. Le premier est celui de la foule qui suit Jésus parce qu’elle a vu les signes miraculeux. Elle ne voit pas Jésus pour ce qu’il est mais pour ce qu’il a fait. Combien nous-mêmes sommes attirés, parfois ou souvent, par tout ce qui est d’apparence merveilleuse ou attrayante…

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L’été pour convertir nos faims et nos soifs

L’été pour convertir nos faims et nos soifs

L’été en cinq dimanches

plage - pixabay

C’est l’été pour tous. Pour les uns il signifie le soleil, la mer, la montagne, la campagne…, pour d’autres le travail saisonnier, pour d’autres encore l’accueil ‘actif’ des amis, de la famille, des enfants … L’été est toujours un peu à part dans le déroulement d’une année. Ce temps-là, souvent bien occupé, ne doit pas nous faire oublier nos besoins de repos, de calme, de silence et de paix. Nous le savons bien. Cette année, un chapitre entier de l’évangile de Jean dit ‘le discours du pain de vie’ – Jn 6 – sera proclamé au cours de cinq dimanches1. Pain descendu du ciel, pain vivant, pain pour la vie éternelle, qui mange de ce pain…, qui mange ma chair… Un discours qui, à la première lecture, peut paraître répétitif, ardu, voire ennuyeux. Mais avec l’évangile de Jean nous ne nous ennuyons jamais même si parfois nous prenons le temps.

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