Blog et podcast par François, prêtre et bibliste

Paulo l’avorton

On a vite fait de Paul LE héros d’une évangélisation à succès, christianisant à tour de bras l’ensemble de l’Europe méditerranéenne. Et que je voyage, marche infatigablement que même les pèlerins de Compostelle passent pour des promeneurs du dimanche. Et que je te prêche sur les places publiques accomplissant des conversions à faire s’évanouir le responsable des adhésions d’un parti à la veille d’une élection présidentielle. Et que je te fonde des communautés chrétiennes comme autant de clubs Mickey sur nos plages estivales. Et que je t’admoneste une bonne  morale à faire passer le premier des ascètes pour le dernier des épicuriens. Et que je t’écrive des lettres à succès à faire pâlir l’éditeur de celles de Mon-Moulin…Bref, le héros parfait, inégalé, voire inégalable à rendre jalouses les plus ‘missionnaires’ des communautés nouvelles. Oui, mais voilà qu’il nous faut peut-être descendre de notre cheval d’orgueil, cheval aussi illusoire que celui de Paul sur son chemin de Damas1. (suite…)

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Le verbe s’est fait chiard

Il y eut un soir, il y eut un matin, et Dieu vit. Nul ange merveilleux, nul soldat belliqueux, mais, dans une mangeoire inattendue, un enfant, fragile. Rejoignant le sordide…

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Chefs : un menu pour Noël ?

Dimanche 25 décembre 2011 MENU Soufflé de semoule à la Lerouge Lapin terrible sauce Zabou accompagné d'une purée et de son beurre fermier 'Edmond'  Désert : Rose des sables, de…

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A qui irions-nous ? dix ans déjà…
Ordination 2001. dessin : J.O.Héron

A qui irions-nous ? dix ans déjà…

signet d'ordination, auteur:J.O.HéronSorti d’une page du tome  de la Liturgie des Heures, comme oublié, je regarde ce signet, celui du jour de mon ordination. Je me souviens… dix ans (déjà !)… La chaleur accablante que les épaisseurs d’une aube, puis d’une lourde chasuble rendaient encore plus  intenable. Je me souviens de la foule, de ces visages familiers qui nous avaient accompagnés durant ces années de discernement et de formation, de ce presbyterium fraternel, heureux de nous accueillir, de ces paroles épiscopales, profondes et encourageantes…

Loin de moi toute nostalgie, mais un sourire amusé en relisant ce signet inspiré de l’Evangile selon St Jean  :  Alors, beaucoup de ses disciples le quittèrent et ne marchaient plus avec lui.  Alors, Jésus  dit aux Douze : ‘Et vous, vous ne voulez pas partir  ?’ Simon-Pierre lui répondit :’A qui irions nous, Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous nous avons cru, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu‘ (Jn 6,66-69).

A qui irions-nous ? A l’heure où certains s’inquiètent d’une Eglise en perte de vitesse, d’autres, et aujourd’hui encore, font le choix de marcher à la suite du Christ. Le temps des ordinations presbytérales nous rappellent que le Christ, dans le discernement, appelle, choisi – pour reprendre le terme johannique – ceux qui, dans leur innocence et leur faiblesse pétriniennes, sauront devenir des serviteurs de la Parole.   Car, dans cet aveu de Pierre, l’essentiel est dit : ‘A qui (d’autres) irions-nous ?’ Découvrir le Christ, l’aimer au point de tout quitter pour le suivre, pour vivre et faire vivre, éternellement, de sa Parole : quoi de plus ? quoi de plus beau ?

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Binge Drinking à Jérusalem : les ivrognes de la Pentecôte

Discours de PierreIls sont pleins de vin doux” (Ac 2,13)

Comment ces provinciaux de Galilée pourraient-ils parler d’autres langues ? Comment ces pouilleux du bord du Lac pourraient-ils, au coeur même de la Jérusalem en fête,  s’adresser à tant de pèlerins de toutes nations, si le vin ne leur était monté à la tête… Binge drinking 1 à Jérusalem. Le jugement est rapide : ‘Ils sont pleins de vin doux’. Le sentiment (qu’ils sont ivres) l’emporte sur toute recherche de vérité.

Les véritables ivrognes ne sont pas ceux qu’on croit: l’altération du jugement (du discernement) n’est-il pas le propre des effets de l’alcool ? Le sentiment immédiat semble être le critère de vérité. Je dis cela de la vie courante comme de la vie de foi. L’immédiateté, c’est-à-dire le refus de toute médiation temporelle ou/et sociale et/ou évangélique, devient force de loi et parfois force de foi. Car il en est de même de certaines interprétations de cet événement.  Le récit de la Pentecôte, ces sortes de langues de feu, ces bruits comme s’il y avait un violent coup de vent, tout cela n’est-il pas extraordinaire ?  Devons-nous donc nous enivrer de prodigieux, devenir saoul de Dieu, jusqu’à en perdre la raison ? Réduire cet évènement à ses effets emplis de merveilleux (ou de suspicions),  n’est-ce pas passer à côté de l’essentiel ? J’entends déjà certains me rétorquer : Mais c’est l’Esprit Saint ! (suite…)

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Je ne vous souhaite pas joyeux Noël

L'annonce faite aux bergers (Lc 2,8-18)Je ne vous souhaite pas Joyeux Noël. D’ailleurs Noël est-il Joyeux ? A voir la frénésie discourtoise des consommateurs attardés, j’en doute.  A voir l’effervescence irascible qui règne aux abords des caisses de supermarché, j’en doute aussi. A entendre ‘Il est mort le soleil’ dans les rues commerçantes, j’en doute encore plus.  Et, quand nous aurons dégosillé  nos vieux cantiques, quand nous aurons becqueté nos dindes, quand nous aurons déballé voracement les cadeaux, serons-nous plus heureux ?

Noël est devenu virtuel. Un monde parallèle  étranger à toute (notre) réalité. Ce soir, à la rigueur, quelques uns irons bon gré mal gré (parce que parfois on se sent  obligé), entendre un conte nostalgique sur la naissance du niard de la crèche, une histoire qu’on oubliera le lendemain. ! Car Noël, c’est la fête. Super ! Pourtant chaque année toujours ce message  : ‘Aujourd’hui vous est né un sauveur‘  de l’unique Noël (et qui fait que Noël soit véritablement unique) retenti comme une voix de plus dans le désert. Un message qui semble aujourd’hui anachronique à l’heure des cartes bleues, du chauffage central et des fours micro-ondes et des connexions internet… somme-toute des outils qui paraissent nous sauver de la faim, du froid et de la solitude. Alors cet  ‘aujourd’hui vous est né un sauveur‘  çà fait bien rigoler. Du moins çà le  devrait car… (suite…)

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Discrètement Noël.

Dans les rues de la ville – peu importe quelle ville, elles se ressemblent toutes – tête en l’air et yeux fixés sur les lumières colorées, je regarde clignoter les messages : “Bonnes Fêtes“, “Meilleurs vœux“, mais tient : pas de “Joyeux Noël“… Au gré de mes pas, sur les vitrines des commerçants s’affichent les “promos” “Spécial fêtes” “-20% sur vos cadeaux“… mais toujours pas de “Joyeux Noël“. Farfadets simplets vêtus de vert et vieillard idiot habillé de rouge, ours blancs et pingouins noir sont installés dans la vitrine balançant machinalement et tristement leurs membres articulés… mais toujours pas de “Joyeux Noël“. Enfin, là, une crèche et ses santons : le boulanger, le forgeron, la vieille dame,  la poissonnière, le paysan, les chiens, les enfants… mais pas de “Joyeux Noël” ni même de Nativité ! Et dans ces mêmes magasins une foule marmonne : “pardon, je suis pressé!”, “Vite chéri prends-le avant le monsieur, c’est le dernier“, et in fine “vous avez la carte de fidélité ?” mais jamais de “Joyeux Noël” pas même un sourire. Chocolats fondant et bûches glacées, vins fins et foie gras, pantins animés et foule acariâtre, tout s’affiche en cette période, tout… sauf l’essentiel : un simple “Joyeux Noël“. Noël aurait-il disparu ? Je veux dire le vrai Noël, pas celui qui s’habille en rouge pour se servir de notre carte bleue ! Non celui qui, celui qui… qui quoi d’ailleurs ?

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