Blog et podcast par François, prêtre et bibliste

La mort du Fils de Dieu (Mc 15,33-47)

Mc 15,33-47 La mort de Jésus et la descente de la croix

Le cri de Jésus

La sixième heure étant venue, il y eut les ténèbres sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : “Éloï, Éloï, lema sabacthani ?” ce qui signifie : “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?” Certains de ceux qui étaient là, en l’entendant, disaient : “Voici qu’il appelle Élie.” Et quelqu’un courut emplir une éponge de vinaigre, et l’ayant mise au bout d’un roseau, lui donnait à boire, en disant : “Laissez, voyons si Élie viendra le faire descendre.” Mais Jésus, ayant poussé un grand cri, expira. (15,33-37)

Manuscrits des évangiles de Gelati, La Crucifixion,12thLes heures s’égrènent comme aucune autre journée en Marc. Il souligne ainsi l’importance et la gravité du moment. Mais le jour est aussi ténèbres durant ces trois heures de l’après-midi1 et cela sur ‘toute la terre’ signifiant la portée universelle du salut par la croix. Au moment où, normalement, le soleil est à son zénith,  l’obscurité advient, nous rappelant ainsi le jour annoncé pour la manifestation céleste du Fils de l’homme quand  le soleil s’obscurcira (13,24-27). Ces ténèbres sont le signe de l’avènement du jugement divin, du jour du Seigneur. Et l’on  s’attendrait à l’action de Dieu en faveur de son Messie, pour qu’il le sauve, le descende de sa croix et que tous le reconnaissent et ploient le genou. Mais au lieu de cela, à la fin des ténèbres c’est un cri d’abandon que le crucifié fait entendre. Et pourtant dans ce cri, se dévoile tout le mystère du Messie crucifié. (suite…)

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Messie roi, humilié et crucifié (Mc 15,16-32)

Mc 15,16-32 Crucifixion de Jésus

La fin du roi ?

Les soldats emmenèrent Jésus à l’intérieur de la cour, c’est-à-dire dans le prétoire. Ils convoquent toute la cohorte. Ils le revêtent de pourpre et ceignent sa tête d’une couronne d’épines qu’ils avaient tressée. Puis ils se mirent à le saluer : “Salut, roi des Juifs !” Et ils lui frappaient la tête avec un roseau, et ils crachaient sur lui, et, ployant les genoux, ils se prosternaient devant lui. Après s’être ainsi moqués de lui, ils le dévêtirent de la pourpre, le revêtirent de ses vêtements et le firent sortir pour le crucifier. (15,16-20)

Le Caravage, Le couronnement d'épines, 1604La condamnation à la crucifixion de Jésus1 par Pilate marque la fin de règne pour ce ‘messie, roi des Juifs‘ impuissant, silencieux et livré maintenant aux mains des païens romains (10,34) pour être crucifié. À travers les outrages et les humiliations, au cœur de cet étrange spectacle, c’est pourtant bien la réelle royauté et la véritable messianité du Fils de Dieu qui se laissent contempler. (suite…)

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Pierre et la conversion à la foi au christ (Mc 8,27-9,1)

Mc 8,27-9,1 La confession de foi de Pierre et ses conséquences

En cheminant…

Jésus et ses disciples sortirent vers les villages de Césarée de Philippe. Et en chemin, il demanda à ses disciples : “Qui suis-je au dire des hommes ?” Ils lui disent :  “Jean-Baptiste ; d’autres, Élie ; d’autres, un des prophètes.” Et il leur demanda : “Mais vous, qui dites-vous que je suis ?” Pierre lui répondit  : “Toi, tu es le christ.” (8,27-29)

Tout semble limpide, mais rien ne résistera à la parole de Jésus. La confession de foi de Pierre demeure encore fragile comme le montrera la suite. L’ensemble de ce récit se déroule en cinq étapes : ce que les gens disent de Jésus (1), ce que Pierre et les disciples en disent (2). Puis, l’affirmation de Jésus sur lui-même (3)  constituera la pointe du passage.  Enfin, le récit reviendra sur Pierre (4), avant un discours s’adressant à la foule et aux disciples (5). La parole centrale de Jésus renversera les représentations que tous ont du christ. (suite…)

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Jeu n°7 : PrayStations

playstationsC’est un jeu de console, voire même de consolation. Un jeu qui, une fois de plus, n’en est pas un : nous entrons dans une réalité qui nous dépasse surpasse, celle d’un chemin passionnant, passionné, qui mène à la Croix pour nous ouvrir un avenir.

Ainsi, ce vendredi saint, commence dans presque toutes les paroisses du monde, le jeu des stations, les praystations qui nous font entrer dans ce mystère, non dans une posture doloriste et culpabilisante, mais dans une attitude qui nous mène, nous emmène toujours plus loin et plus bas, plus haut et plus proche.

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Jésus : roi du buzz ?

Jésus roi du BuzzAujourd’hui, c’est LA mode et LA manière de se faire connaître, devenant ainsi le summum de LA réussite : faire le BUZZ.  Une tentation du succès éphémère à laquelle s’adonne également quelques groupuscules chrétiens catholiques (mais j’en ai déjà un peu parlé dernièrement). Est-ce nouveau ? On peut se le demander en regardant le récit de l’entrée de Jésus à Jérusalem (lecture ici). En anglais ce terme signifie ‘bourdonnement’ ou bien ‘brouhaha’ et que de bruits, d’acclamations, d’Hosanna ce jour-là.

Jésus fait-il le buzz ?

On pourrait le croire : le p’tit nazaréen il sait y faire. Et que je te multiplie les pains, et que j’te marche sur les eaux, et hop ! une petite guérison par ici, et hop ! un exorcisme par là… Vous voyez bien : Jésus est le Roi du buzz. D’ailleurs n’est-il pas accueilli comme un roi : sur son ânesse de Messie, écoutez comme il est acclamé, regardez cette foule étendant leurs précieux manteaux (ah non, pas mon Loden !) et des branches d’arbres  sur son chemin. (suite…)

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Histoires d’eau…

Samaritaine (Jean de Flandres - 1500)Donne-moi à boire ! (Jn 4,7)

Il aurait pu quand même demander poliment : ‘Auriez-vous l’obligeance de me donner un peu d’eau, s’il vous plait Madame ?‘ Je me pose des questions sur l’éducation qu’a reçu ce jeune homme de Galilée : j’aurais deux mots à dire à ses parents ! Non mais, pour qui se prend-il ? C’est parce qu’on est fatigué qu’on doit oublier d’être poli.

Mais pas le temps d’être poli. Quand on crie ‘Au secours’ on ne s’embarrasse pas de formules de politesse. Il en va de l’urgence, il en va de la Vie. Aussi cet impératif divin est un appel, un cri désireux de la rencontre improbable : avec une femme, pire une samaritaine, pire encore une ex-épouse qui ne sait que trop bien combien de fois elle fut mariée. Et lui, l’homme, le juif, l’infréquentable devient source d’un dialogue que tous croyaient impossible.

Tout part de l’anodin : d’une histoire d’eau, d’une histoire de cruche, de puits trop profond et de corvées quotidiennes. Et l’eau devient vive et Vie, et la profondeur du puits laisse place à l’adoration du Père, et la cruche de la corvée au profit d’un heureux témoignage  et d’autres rencontres. Avant même le parvis des Gentils, il y avait déjà ce puits de la Rencontre. (suite…)

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