Blog et podcast par François, prêtre et bibliste

Prophète en sa patrie ? (Mc 6,1-6)

Mc 6,1-6a Nul n’est prophète en son pays

L’échec annonciateur

Jésus sortit de là. Il vient dans sa patrie et ses disciples le suivent. Et le sabbat venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. En l’écoutant, beaucoup étaient frappés d’étonnement et disaient : “D’où lui vient cela ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée ? et ces miracles qui adviennent par ses mains ? N’est-il pas, celui-ci, le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joset, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? ” Et il était pour eux une occasion de chute. (6,1-3)

Jésus, ses disciples, une synagogue, un enseignement… schéma classique. Seul le lieu est  nouveau : sa terre natale, Nazareth. Marc ne cite pas la ville. Ce qui se passe ici pourra aussi se dérouler  ailleurs qu’à Nazareth. Car, l’échec de Jésus reflète déjà le verdict de la Passion mais aussi l’opposition à l’Évangile par une large partie du Judaïsme où il est né.

Après les succès de ses enseignements, ses miracles, ces foules nombreuses, l’épisode demeure étonnant. Seuls les habitants de la Décapole païenne avaient réservé un mauvais accueil à Jésus. Mais, ici, chez lui, on se serait attendu à plus d’enthousiasme. Jésus est maintenant une occasion de chute, un scandale, c’est à dire un empêchement, un obstacle ! mais à quoi ? et pourquoi ? Reprenons plus en détail le récit. (suite…)

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Le fou de la maison contre la maison du fort (Mc 3,20-35)

L’épisode précédent de l’institution des Douze soulignait la prétention de Jésus à la restauration du royaume d’Israël.  Maintenant, le récit de Marc nous amène à voir et entendre la réaction de son entourage. Cette mention de la famille, qui intervient deux fois (3,20-21; 3,31-35), encadre la réaction des scribes (3,22-30). Le passage doit donc être regardé dans son unité.

Le fou de la famille

Jésus vient à la maison et, à nouveau, s’y rassemble la foule  de sorte qu’ils ne pouvaient pas même manger de pain. L’ayant appris, les siens sortirent pour s’emparer de lui, car ils disaient : “Il est hors de sens.” (3,20-21)

Nous quittons la montagne pour revenir à la maison de Capharnaüm,  lieu de rassemblement qui maintenant déborde et ne laisse aucun répit à Jésus et ses disciples. La foule, chez Marc, a toujours ce côté oppressant qui vient souligner l’attirance suscitée par Jésus. Est-ce pour ses paroles, ses guérisons ou son désir de “reconquête” comme le laissait entendre le récit précédent ? Sans doute un peu de tout cela. La faim de sa parole, de son salut, les empêche paradoxalement de manger le pain. Comme s’il y avait une faim, un manque à rassasier que, bientôt, le récit de Marc comblera. (suite…)

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