Blog et podcast par François, prêtre et bibliste

Du ciel ou des hommes ? (Mc 11,27-33)

Mc 11,27-33 L’autorité de Jésus et du baptiste

Entre le figuier et le vigne

Ils viennent de nouveau à Jérusalem. Et pendant que Jésus marchait dans le Temple, les grands-prêtres, les scribes et les anciens viennent vers lui, et lui dirent : “Par quelle autorité fais-tu cela ? ou qui t’a donné cette autorité pour le faire ? ” (11,27-28)

Ilyās Bāsim Khūrī Bazzī Rāhib, Evangiles, Mss, 1684Après la remarque de Pierre sur le figuier desséché, nous rentrons dans le Temple de Jérusalem pour la troisième fois1. Comme si tout se déroulait lors d’une seule et même journée, Marc place maintenant Jésus face à ses contradicteurs depuis les grands-prêtres (11,27) jusqu’aux scribes (12,28). Jésus quittera alors le Temple (13,1) pour revenir à Béthanie (14,3)

Ce premier débat se situe, dans cet évangile, entre les images du figuier et ses marchands du Temple (11,12-25) et la parabole de la vigne et ses vignerons homicides (12,1-12). Deux passages qui évoquent à leur manière le proche rejet de Jésus. Et ce n’est pas un hasard, si les acteurs du débat d’aujourd’hui sont les mêmes que ceux cités lors de la première annonce de la passion : Il faut que le Fils de l’homme […], soit rejeté par les anciens, par les grands-prêtres et les scribes2 (8,31). Ce rejet a maintenant un motif : l’autorité même de Jésus. (suite…)

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Le Temple, ses marchands et son figuier (Mc 11,12-26)

Mc 11,12-26 L’expulsion des marchands du Temple, et le figuier maudit

La faim de Jésus et la fin d’un figuier

Le lendemain, après qu’ils furent sortis de Béthanie, il eut faim. Voyant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il n’y trouverait pas quelque chose ; et s’en étant approché, il n’y trouva que des feuilles ; car ce n’était pas la saison des figues. Alors il dit au figuier : “Qu’à jamais personne ne mange plus de ton fruit !” Et les disciples écoutaient. (11,12-14)

Brooklyn Museum, The Accursed Fig Tree (Le figuier maudit) - James Tissot, 1894Voilà quelques versets bien étranges qui nous présentent un comportement de Jésus peu commun. Quel est donc ce caprice de Jésus qui, pris d’une faim soudaine au sortir de Béthanie,  exige des fruits hors saison, et parle à un arbre ? La mention des disciples qui écoutaient évite de prendre la scène au premier degré. Ils écoutent car ils ont des oreilles pour entendre (4,9.23.33; 8,18) les paraboles de Jésus, dont celle du semeur et de la semence qui porte ou non des fruits (4,1-20). Écoutez !” (4,3) leur demandait Jésus. Ils écoutent la scène comme un enseignement de Jésus tel celui sur les traditions des anciens (7,14) ou ses explications sur les pains multipliés et le mauvais levain (8,18). C’est donc un autre enseignement en parabole qui se déroule à nos yeux, et qui nous permettra de mieux saisir la suite du récit. (suite…)

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Un ânon pour Jérusalem (Mc 11,1-11)

Mc 11,1-11 Entrée solennelle à Jérusalem

À l’approche de Jérusalem

Quand ils approchent de Jérusalem, vers Bethphagé et Béthanie, près du Mont des Oliviers, Jésus envoie deux de ses disciples, en leur disant : “Allez au village qui est devant vous ; et aussitôt que vous y entrerez, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le. Et si quelqu’un vous dit : Pourquoi faites-vous cela ? Dites : Le Seigneur en a besoin et il le renverra aussitôt ici.” (11,1-3)

Jan van Scorel, l'Entrée du Christ dans Jérusalem, 1526L’épisode que nous propose Marc est repris également dans les trois autres évangiles1. Habituellement, ce passage est intitulé : Entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Mais la version de Marc n’a rien de triomphale. Comme nous le verrons, la venue de Jésus à Jérusalem est narrée brièvement et se termine de manière abrupte, sans triomphalisme. L’élément le plus énigmatique, chez Marc, demeure la place prépondérante de l’ânon. C’est le héros du jour. La petite bête de somme est plus présente dans le récit que Jésus lui-même. C’est finalement elle que nous suivons et qui nous ouvre les portes de Jérusalem et du Temple. (suite…)

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Jésus : roi du buzz ?

Jésus roi du BuzzAujourd’hui, c’est LA mode et LA manière de se faire connaître, devenant ainsi le summum de LA réussite : faire le BUZZ.  Une tentation du succès éphémère à laquelle s’adonne également quelques groupuscules chrétiens catholiques (mais j’en ai déjà un peu parlé dernièrement). Est-ce nouveau ? On peut se le demander en regardant le récit de l’entrée de Jésus à Jérusalem (lecture ici). En anglais ce terme signifie ‘bourdonnement’ ou bien ‘brouhaha’ et que de bruits, d’acclamations, d’Hosanna ce jour-là.

Jésus fait-il le buzz ?

On pourrait le croire : le p’tit nazaréen il sait y faire. Et que je te multiplie les pains, et que j’te marche sur les eaux, et hop ! une petite guérison par ici, et hop ! un exorcisme par là… Vous voyez bien : Jésus est le Roi du buzz. D’ailleurs n’est-il pas accueilli comme un roi : sur son ânesse de Messie, écoutez comme il est acclamé, regardez cette foule étendant leurs précieux manteaux (ah non, pas mon Loden !) et des branches d’arbres  sur son chemin. (suite…)

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