Les épis du sabbat (Mc 2,23-28)

Un champ  et trois questions

Il arriva, un jour de sabbat, que Jésus traversait les moissons, et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les Pharisiens lui dirent : “Vois! Pourquoi font-ils, le jour du sabbat, ce qui n’est pas permis ?” (2,23-24)

Pourquoi traverser ces champs ? N’y a-t-il pas suffisamment de sentiers en Galilée ? Chez Marc, Jésus ne cessera de nous surprendre en prenant des chemins inattendus. Raccourci ou simple balade à travers champs, c’est toujours Jésus qui ouvre la marche à ses disciples sur des terrains improbables. ‘Tracer droits ses sentiers’ disait la voix (1,1)

Mais dans quel but les disciples arrachent-il des épis ? Rien n’est précisé ici1. Peu importe qu’ils aient eu faim ou qu’ils fassent quelques réserves pour la suite de leur chemin. Le plus surprenant vient du fait que nous ne venons de quitter un repas festif, en présence de l’époux. Ces épis, dès lors, paraissent bien dérisoires tout autant que la remarque des pharisiens. C’est sans doute l’effet voulu par Marc. Si les disciples arrachent les épis, les pharisiens couperaient-ils les cheveux en quatre sur les questions de Loi ? (suite…)

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Fin du jeûne et faim de noce (Mc 2,18-22)

C’est un récit qui semble venir d’on ne sait d’où. Se situe-t-il dans la suite de l’appel de Lévi ou à un tout autre moment, ou bien est-ce une parenthèse intemporelle ? À bien y regarder, le récit précédent n’avait pas de fin telle qu’on s’y attend habituellement : aucune réaction des scribes, ni des disciples, ni des publicains. Or ici n’est-il pas encore question de pharisiens, de disciples et de repas  ?

Disciples et maîtres

Les disciples de Jean et les Pharisiens étaient en train de jeûner. Ils viennent lui dire : « Pourquoi les disciples de Jean et les disciples des Pharisiens jeûnent-ils et tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » (2,18)

Une autre controverse, la troisième, apparaît maintenant. Mais il n’est plus question de pardon ou de maladie, ni de péché, d’impureté ou de guérison. La contestation porte sur ses disciples, et pour la première fois dans l’évangile, les détracteurs s’adressent à lui directement . Leur question concerne le jeûne alors que Jésus et ses disciples étaient en plein repas. Le contraste est fort et sans doute à dessein. Que ces publicains et pécheurs reviennent à la foi, soit ! Mais n’y a-t-il pas une attitude plus religieuse à avoir, plus fidèle à la Loi,  surtout au regard de leur ancien état  ? (suite…)

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Le repas des pécheurs (Mc 2,13-17)

Bord de mer et bureau des taxes

Il sortit de nouveau au bord de la mer, et toute la foule venait à lui et il les enseignait. En passant, il vit Lévi, le fils d’Alphée, assis au bureau des taxes, et il lui dit : “Suis-moi.” Et, se levant, il le suivit. (2,13-14)

N’y aurait-il pas dans cet épisode comme un parfum de déjà-vu : le bord de mer, un appel, une réponse positive immédiate ? On croirait le récit de la vocation des premiers disciples se répéter. Trop facile. Marc joue ici avec les nuances et les oppositions. En ce bord de mer, Jésus enseigne. Et comme toujours, des gens viennent à lui. Mais le verset suivant décrit une scène totalement différente. (suite…)

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L’amour à travers toit (Mc 2,1-12)

Et nous voilà de retour à la maison de Capharnaüm après une pérégrination en Galilée. Cela aurait dû être, comme en toutes maisons, un temps de vie simple, familial et de repos bien mérité. Il en sera autrement.

Il entra à nouveau à Capharnaüm, quelques jours après, et l’on apprit qu’il était à la maison. Beaucoup de gens s’y rassemblèrent si bien qu’il n’y avait plus de place, pas même aux abords de la porte ; et il leur dispensait la parole. (2,1-2)

Une maison pour sa Parole

Très vite la salle est prise d’assaut. Elle devient un lieu de rassemblement où Jésus enseigne, parallèlement à la synagogue1. Peu importe qu’ils soient dix ou cinquante à s’entasser (la maison n’est pas si grande2) , en utilisant le verbe “se rassembler”, Marc souligne qu’il ne s’agit pas d’une file d’attente de curieux ou de malades espérant un miracle, mais d’hommes et de femmes venus d’abord l’écouter. Et le fait est là : il n’y a plus de place. (suite…)

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