Blog et podcast par François, prêtre et bibliste

Jésus et la tempête (Mc 4,35-41)

Mc 4,35-41

Une parabole 3D

Ce jour-là, le soir venu, il leur dit : “Passons sur l’autre rive.” Et laissant la foule, ils le prennent avec eux, comme il était, dans la barque. Il y avait d’autres barques avec lui. (4,35-36)

Ce n’est pas un jour différent. Marc le souligne. Ce passage est en lien avec le discours en paraboles et peut-être devrions-nous l’entendre comme une parabole vivante, en trois dimensions déconcertantes.

C’est le même jour, mais déjà le soir. Première bizarrerie. Audace ou folie ? Les traversées de nuit ne sont pas les plus simples, ni les moins risquées. Pourquoi un tel départ à cette heure tardive ? Quelle urgence y a-t-il ? (suite…)

Continuer la lecture

Une moisson à l’ombre d’un sénevé (Mc 4,26-34)

Mc 4,26-34

La moisson de l’alliance

Et il disait : “Ainsi il en est du royaume de Dieu comme d’un homme qui aurait jeté la semence sur la terre. Qu’il dorme et qu’il se lève, nuit et jour, la semence germe et grandit, et il ne sait comment. D’elle-même la terre porte du fruit : d’abord de l’herbe, puis un épi, puis le blé plein l’épi. Et quand le fruit est mûr, aussitôt il envoie la faucille car la moisson est là.” (4,26-29)

Ces deux dernières paraboles nous ramènent aux champs. De manière explicite, l’une et l’autre font mention du royaume de Dieu qui advient et reprennent les conclusions des paraboles précédentes. Si le semeur de la première parabole semblait malhabile (ou généreux) le voici maintenant qualifié par son ignorance : “il ne sait comment.” Mais cette méconnaissance souligne sa confiance, sa foi, en cette terre qui travaille même lorsqu’il dort. Le geste du semeur a suffi à faire germer jusqu’à la moisson. Les grains de la Parole et du mystère du royaume, jetés, livrés par Jésus, permettent cette éclosion qui n’aura de fin qu’à la moisson, malgré les nuits, y compris la nuit de la croix. Le semeur dort et se lève, évoquant la passion où ce divin semeur sera plongé dans un plus profond “sommeil” avant d’être réveillé, et voir enfin ses germes jetés en terre se déployer en un champ fécond, signe de l’inéluctabilité du royaume de Dieu. (suite…)

Continuer la lecture

Lampe et mesure en paraboles (Mc 4,21-25)

Marc 4,21-25

Changement de registre

La parabole précédente avait mis en avant la prodigalité du semeur et la fécondité des semailles lorsqu’elles tombaient en bonne terre. La Parole, que Jésus livre à ses disciples et aux foules, se déploie pour ceux qui la reçoivent dans la bonne terre de la foi malgré les difficultés, les persécutions ou les attraits de la mondanité.  Après le grand air des champs, nous voilà maintenant au sein de la maison qu’évoque le choix de la lampe, du lit et du boisseau, récipient servant à la mesure des grains ou de la farine. (suite…)

Continuer la lecture

Le semeur généreux (Mc 4,3-20)

Le semeur est sorti …

“Voici que le semeur sortit pour semer. (4,3b)

La parabole est un genre particulier. Il s’agit d’une histoire de type allégorique puisant dans le domaine du quotidien pour éclairer une réalité spirituelle, le plus souvent théologale. Elle comporte généralement un ou plusieurs éléments non conformes avec la réalité, voire même extravagants, pour mieux faire réagir l’auditoire et l’obliger à certains déplacements. La parabole appelle ainsi à une conversion de regard sur Dieu, son Messie, sa volonté. (suite…)

Continuer la lecture

En semant des paraboles (Mc 4,1-3)

La parabole de la mer

De nouveau Jésus se mit  à enseigner au bord de la mer et se rassemble auprès de lui une foule si nombreuse qu’il monta s’asseoir dans une barque, en mer. Toute la foule était à terre près de la mer. Et il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et il leur disait dans son enseignement : “Écoutez ! … (4,1-3a)

Au bord de la mer, en mer, près de la mer.  En quoi cette mer est-elle si importante ? Ce genre de répétition n’est jamais anodin chez Marc. S’il insiste sur ce terme, c’est bien qu’il veut souligner ce cadre. Jésus, à la vue de la foule, doit se déplacer en mer et laisser son auditoire sur le bord, à terre. Or dans la parabole qui suit, il sera justement question de terre et de bord du chemin. Jésus depuis sa barque “jette” sa parole à cette foule innombrable. La mer jouera également un rôle important et éclairant à la fin de ce chapitre avec le récit de la tempête apaisée (4,35-40). En ce Ier siècle, ces eaux, par leurs abysses et leurs soudaines tempêtes, évoquent le danger et la mort, la fragilité de la vie des hommes. En plaçant Jésus sur la mer face à la foule du rivage, Marc esquisse déjà la figure du Ressuscité de Pâques, victorieux de la mort, et semeur de Vie. (suite…)

Continuer la lecture
Fermer le menu

Ce site utilise quelques cookies

Merci de valider l'acceptation des cookies. Vous pouvez aussi refuser leur usage, tout en continuant à visiter ce site.