La femme hémorroïsse et la fille de Jaïre (Mc 5,21-43)

5,21-43 L’hémorroïsse et la fille de Jaïre

La même autre rive

Quand Jésus eut de nouveau traversé en barque vers l’autre rive, une foule nombreuse s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Alors vint un des chefs de la synagogue, du nom de Jaïre, qui en le voyant, se jeta à ses pieds, et le pria avec instance, disant : “Ma petite fille est à l’extrême; viens pour que tu lui imposes les mains, pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive.” Alors il s’en alla avec lui, et une foule nombreuse le suivait et le pressait de tous côtés. (5,21-24)

Après la rive de la Décapole, nous voilà de retour en terre ‘synagogale’. Nous y retrouvons la foule et le bord de mer, comme à Capharnaüm. Et c’est peut-être bien là que nous sommes. Marc ne précise pas. Il indique seulement une ‘autre rive’. D’une autre rive à l’autre, qu’y a-t-il de différent ? Effectivement, comme en Décapole, un homme vient, se prosterne et le prie avec insistance. On pourrait croire au même tableau si l’homme ne nous avait pas été  présenté comme un des chefs de la synagogue1. Habituellement, Jésus vient et enseigne à la synagogue, cette fois-ci une autorité synagogale vient à lui et le supplie.

Cet homme de la synagogue n’a plus que Jésus comme recours pour voir sa fille sauvée d’une mort imminente. Comment ne pas répondre à une telle situation ? On peut même passer outre la demande de ce père qui donne à Jésus le mode d’emploi de la guérison : l’imposition des mains. Et la foule, toujours, qui presse Jésus, celui que Jaïre considère comme un thaumaturge. (suite…)

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Le démoniaque de la Décapole (Mc 5,1-20)

Mc 5,1-20 Le démoniaque de la Décapole

Nous quittons la mer après une traversée difficile. Mais, cependant, c’est une autre “bourrasque” qui arrive à peine débarqués. Un épisode en cinq actes.

Est-ce encore un homme ?

Ils vinrent sur l’autre rive de la mer, au pays des Géraséniens. Et comme Jésus quittait la barque, aussitôt vint à sa rencontre, venant des tombeaux, un homme possédé d’un esprit impur. Il avait sa demeure dans les tombeaux ; et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne. Car on l’avait souvent lié avec des fers et des chaînes, mais il avait brisé les chaînes lui-même et mis en pièces ses fers, de sorte que personne n’avait pas la force de le dompter. Continuellement, nuit et jour, il était dans les tombeaux et les montagnes, criant et se meurtrissant avec des pierres. (5,1-5)

Des hommes possédés nous en avions déjà rencontrés. Mais ici, est-ce encore un homme ? Dans un crescendo, la description semble le déshumaniser. Il vit au milieu des morts, loin des vivants. Il est seul, intenable, indomptable. Comme une bête, il crie. Pire qu’une bête, il se mutile. Ainsi décrit, l’homme “possédé” est finalement dépossédé de toute humanité. Aucun homme n’a pu le libérer. La seule solution était l’enchaînement. Mais passer d’un asservissement à un autre, ne constitue pas une guérison.

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