Blog et podcast par François, prêtre et bibliste

Guérison d’un sourd et surdité d’une foule (Mc 7,31-37)

7,31-37 Guérison d’un sourd

Supplication en Décapole

Quittant le territoire de Tyr, Jésus vint par Sidon vers la mer de Galilée, au milieu du territoire de la Décapole. Et, ils lui amènent un sourd, parlant avec peine, et ils le supplient pour qu’il lui impose la main. (7,31-32)

Une fois de plus, nous retrouvons des similitudes avec d’autres récits :  un homme amené par d’autres (1,32; 2,3), une supplication (1,40; 5,23) et la demande d’imposer les mains (5,23). La scène est pour ainsi dire habituelle même s’il s’agit d’un des rares récits propres à Marc. Nous sommes en Décapole et ce cadre a son importance. (suite…)

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Les miettes d’une femme syro-phénicienne (Mc 7,24-31)

7,24-31 La foi d’une syro-phénicienne.

L’audace discrète de l’Évangile

Se levant, Jésus partit d’ici, vers le territoire de Tyr. Entrant dans une maison, il désirait que personne ne le sache, mais il ne put demeurer ignoré. (7,24)

Nous n’avons pas attendu la réaction des pharisiens et des scribes venus de Jérusalem. Jésus part, soudainement, dans la direction opposée, en territoire païen… là où le risque d’être en contact avec l’impureté est encore plus grand ! Il ne s’agit donc pas d’une fuite par crainte de ses contradicteurs mais, en quelque sorte, d’une réponse ‘en actes’ au débat précédent. L’Évangile n’est soumis ni à une tradition particulière, ni à des frontières, et n’a crainte d’aller au cœur du monde païen. Comme il s’était rendu chez les pécheurs et publicains ou en Décapole, Jésus se risque en terre ‘hostile’. Cependant, Marc précise qu’il tient à y demeurer discret. Pourquoi cette absence volontaire de mission ? (suite…)

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La vraie pureté (Mc 7,1-23)

Mc 7,1-23 Débat sur la tradition et l’impureté

La foi (limitée) des scribes et pharisiens …

Les pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem se rassemblèrent auprès de Jésus. Ils virent quelques-uns de ses disciples manger les pains avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées — En effet, les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s’être lavé les mains jusqu’au coude, suivant la tradition des anciens. Et lorsqu’ils reviennent de la place publique ils ne mangent pas sans avoir pratiqué des bains. Et ils sont attachés à beaucoup d’autres pratiques:  bains des coupes, des cruches, des plats… — Les pharisiens et les scribes lui demandèrent donc : “Pourquoi vos disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens mais mangent le pain avec des mains impures ?” (7,1-5)

Et voilà que réapparaissent pharisiens et scribes. La dernière fois que nous les avions rencontrés, les pharisiens s’étaient entendus avec les Hérodiens pour perdre Jésus (3,6) et les scribes venus de Jérusalem l’accusaient d’être possédé par Beelzéboul (3,22).  Les revoilà donc mais pour se rassembler auprès de Jésus. Le verbe est fort : ceux qui le contestaient hier viennent au rassemblement de Jésus, rejoignant ainsi les foules (2,2; 4,1; 5,21) et les apôtres (6,30). Faisant suite au récit concernant la foi des gens à Gennésareth, la venue des  pharisiens et scribes de Jérusalem près de Jésus prend des allures d’adhésion. Comme s’ils avaient reconnu en lui ce nouveau Moïse, ce Messie… Mais leur “foi” a ses limites. (suite…)

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