Blog et podcast par François, prêtre et bibliste

Eh bien moi je vous dis (Mt 5,17-37)

Après les béatitudes, auxquelles il faut intégrer les métaphores du sel de la terre et de la lumière du monde, le discours de Jésus change de ton et aborde directement l’interprétation de la Loi de Moïse. Il est construit sur un schéma : « vous avez appris … Eh bien moi je dis… ». Jésus cite une prescription de la Loi et propose sa propre interprétation. Cette disposition a souvent inspiré le titre d’antithèses à cette section. Comme si Jésus s’opposait ou contredisait les commandements… pas si sûr.

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Le sel de la terre (Mt 5,13-16)

Avec ce passage, nous sommes encore dans l’introduction au sermon sur la montagne (Mt 5,1-16). Les béatitudes nous avaient présenté, non pas un ensemble de prescriptions du style faire ou ne pas faire, mais des paroles essentiellement positives exprimant la consolation de Dieu pour son peuple. Cette introduction a montré une progression en trois étapes : « Heureux ceux… », « Heureux êtes-vous » et maintenant « Vous êtes… ».

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Heureux êtes-vous (Mt 5,1-12)

Le discours de Jésus sur la montagne commence par une série de béatitudes appelées plus savamment macarismes (du grec makarios μακάριος/ heureux). Ce n’est pas une particularité du Nouveau Testament. On entend aussi ces macarismes dans le Premier Testament :

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Le sermon sur la montagne (Mt 5-7) – présentation

L’article précédent vous a présenté le cadre historique de la composition de l’évangile selon Matthieu. Né dans une communauté judéo-chrétienne, l’évangile reflète les débats qui ont pu exister entre les judéo-chrétiens et les autres juifs de la synagogue dans certains lieux. Ainsi Matthieu prend soin de décrire Jésus tel l’enseignant, le maître qui donne son interprétation de la Torah en termes d’accomplissement.

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Rencontre #9 … au soleil et sous la pluie

Chavagnes… afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.” (Mt 5,43-48)

Quel est donc ce Dieu injuste (à nos yeux) qui donne sa faveur autant aux bons (nous) comme à ceux qui ne le méritent pas (eux !) ? A quoi bon, dès lors, tous ces efforts de prière, de partage, de jeûne… si finalement Dieu ne se rend pas plus présent à ceux qui lui sont fidèles ?  Rien qu’un petit peu plus de soleil pour nous, cela nous consolerait. Mais non, Dieu aime sans limite, sans frontière. Dieu espère au-delà du mal que peuvent nous infliger nos ennemis et nos persécuteurs. Rien ne l’arrête. (suite…)

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Rencontre #8 … autour d’un autel (de passe)

Beer Sheva autelDonc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.” (Mt 5,20-26)

Bien souvent, nous distinguons dans notre vie de foi notre pratique cultuelle et nos actes de charité. Il y a nos lieux de culte et nos lieux de vies. Un espace (liturgique) où nous rendons gloire à Dieu, et un espace (social) où nous exerçons notre foi dans la charité et la fraternité. Nous le savons l’un ne peut se passer de l’autre. Faire du culte ou de la fraternité chrétienne, le seul autel de notre foi, c’est vivre sa foi autour d’un autel de passe, c’est-à-dire  d’un autel qui se passerait d’une dimension théologale ou caritative, ou ecclésiale… Or, fraternité et culte sont deux mots indissociables dans toute la tradition biblique et, dans l’évangile selon Matthieu, Jésus vient nous le rappeler : non seulement ils sont inséparables mais plus encore le souci du frère est aussi un culte rendu à Dieu. (suite…)

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