Kakatoès … avec un K comme carême

KakatoèsKakatoès (ou cacatoès – mais je préfère la première orthographe, cela convient mieux au thème de ce carême) : animal de la même famille que le perroquet. Le kakatoès est reconnaissable à sa crête de plumes disposée sur la tête et qu’il peut dresser à volonté.

Ce n’est pas le kakatoès qui m’intéresse en tant que tel, mais l’image du perroquet. En écoutant la première lecture de ce jour, c’est le mot qui m’est venu. « Tu auras beau leur répéter ces paroles, ils ne t’écouteront pas davantage. » Jr 7,27. Le Seigneur parle à Jérémie se désolant que le peuple n’écoute pas sa voix, ni celle de son prophète. Cela me rappelle une autre scène des Actes des Apôtres : la prédication de Paul à Athènes. A propos de ce dernier, certains philosophes disaient : « Que peut bien vouloir dire ce perroquet ? »  (Ac 17,18[1. Traduction bible de Jérusalem]).

J’ai moi-même, en tant que prêtre, souvent cette impression d’être un perroquet : de répéter sans cesse les mêmes choses : miséricorde de Dieu, importance de la Parole de Dieu, nécessité d’une communauté chrétienne unie, prière, amour du prochain etc… Je rabâche toujours les mêmes discours. Non pas que je me complaise dans le confort d’une routine sacerdotale, mais parce que je ne suis qu’un simple serviteur d’une Parole qui me dépasse, ou pour parler vrai : je ne saurais parler d’autres choses, je n’ai pas assez d’imagination. Mais quand bien même, j’ai bien souvent l’impression de « perroquer » que ce soit dans mes activités pastorales ou de prédication ! « Oh, quelle belle homélie ! » entend-on parfois… L’homélie, c’était presque la même que la semaine dernière et pourtant je n’ai pas remarqué beaucoup de changement. Et ce n’est qu’un exemple. Je sais, cela invite à l’humilité. Mais cela ne m’empêche pas de voir mes cheveux se dresser sur ma tête, comme un kakatoès en désarroi : tout ce ‘travail’ pour rien… autant prêcher dans un désert ou écrire sur un blog ! Fin des jérémiades.

Nous pouvons nous sentir ignorés, nous pouvons avoir cette impression d’user sa salive, son encre, sa sueur à cause de l’Evangile… pour finalement avoir pour seule réponse un sourire condescendant ou pire un déluge de malentendus : « C’est par Baalzéboul qu’il expulse les démons ![2. Il s’agit d’une citation de l’Evangile du jour et non d’une expérience personnelle, je précise.] » Tant pis ! Nous continuerons, puisque nous ne savons pas faire autre chose que travailler au Royaume, être le doigt de Dieu. Ce petit doigt de qui ne lui sert qu’à se déboucher les oreilles tant, souvent, il se croit sourd à force de n’entendre que si peu de réponses à sa Parole.

Mais si l’on nous prend pour des perroquets bégayant, des merles siffleurs, des corbeaux croassant, … nous bégayons, répétons ce que Dieu dit et révèle à tous, et nous en sommes heureux. Nous sifflons notre joie de croire, et tant bien que mal, l’amour ira croissant. Inlassable passion.

« J’ai envoyé vers vous tous mes serviteurs, les prophètes,
je les ai envoyés inlassablement. » Jr 7,25 [3. Aujourd’hui je n’ai pas osé de jeu de mots avec kakatoès… vous devez comprendre pourquoi !]

 

à suivre…

Les lectures du jour.

K… comme Carême. Le principe : chaque jour (sauf le dimanche), dire le carême par un mot commençant par K. Quarante jours donc quarante mots pour (re)découvrir le carême. Retrouvez tous les articles déjà parus de la série « K… comme Carême« .
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