Blog et podcast par François, prêtre et bibliste

Jeu n°1 : Trois, deux, un… Soleil !

123-tranfiguration-carracci1,2,3… Soleil ! Vous connaissez tous ce jeu d’enfant et donc inutile de vous en expliquer les règles. Voilà bien un jeu idéal pour notre carême…  avec des règles un peu différentes. Imaginons le jeu  à partir du récit de la Transfiguration. Ce serait un jeu d’équipe où il s’agirait tantôt d’avancer vers le Christ, et tantôt de s’arrêter, sans bouger, sans tricher pour se laisser contempler par Lui. Intitulons-le : « 3,2,1… Soleil ! » comme un compte à rebours dont le top final sonnera le Soleil Pâques du Ressuscité.  « 3,2,1… Soleil » comme trois étapes (ou plutôt trois attitudes) à vivre ensemble, durant ces 40 jours de Carême.

Trois !

3Trois disciples privilégiés : Pierre, Jean et Jacques. Nous les connaissons, ce sont ces Galiléens que Jésus a appelé pour avancer en eaux profondes et devenir pêcheurs d’hommes,  en laissant tout pour le suivre (Lc 5,1-11). A cette première étape de notre jeu, nous sommes invités à faire un pas ensemble, avec l’Essentiel et en délaissant le superflu, chacun à son rythme. Interdit de rester sur la ligne de départ en déclarant : « Il est heureux que nous soyons ici ; dressons trois tentes ». Nous rejoindrions la tentation de Pierre, celle du refus de vivre dans ce monde, d’être dans un entre-nous rassurant à l’écart du monde et s’isoler à jamais dans un lieu préservé, à l’abri. Car notre vie chrétienne, n’est pas une vie de confort mais un témoignage ecclésial, risqué, pour le monde. Ne restons pas à l’abri de nos tentes, de nos églises bien mal chauffées, ou de nos sacristies, etc.
Sortons (mais toujours ensemble) à la rencontre du monde avec des visages illuminés de joie et d’espérance. Et stop : on ne bouge plus : laissons-nous contempler par le Christ dans le quotidien de notre vie, aussi imparfaite soit-elle.

Deux !

2Deux prophètes, Moïse et Elie. Ces deux prophètes ont ‘vu’ Dieu et dialogué avec Lui sur la montagne (Ex 19, 1R19). Deux prophètes qui sont à l’écoute de la Parole de Dieu, de la Parole de l’Alliance, et témoin d’un Dieu de Vie. La seconde étape de notre jeu consiste donc à avancer dans la Parole, à nous nourrir de l’Ecriture Sainte et la partager. Lire, méditer, pour soi, la Parole, c’est bien… mais après comment la Parole de Dieu peut-elle construire Une lecture communautaire, ecclésiale… C’est pas moi qui le dit :

« Il faut éviter le risque d’une approche individualiste, en se rappelant que la Parole de Dieu nous est précisément donnée pour construire la communion, pour nous unir dans la vérité durant notre marche vers Dieu. C’est une Parole qui s’adresse à chacun personnellement, mais c’est aussi une Parole qui construit la communauté, qui construit l’Église. C’est pourquoi le texte sacré doit toujours être abordé dans la communion ecclésiale. En effet, « il est très important d’effectuer une lecture communautaire (…), car le sujet vivant de l’Écriture Sainte c’est le Peuple de Dieu, c’est l’Église. » (Benoît XVI in Verbum Domini 86)

Osons nous nourrir (en communauté, en groupe) de la Parole de Dieu. Entrons en dialogue avec le Christ, tout comme Moïse et Elie s’entretiennent avec Jésus : il est le centre de leur conversation…
Et stop ! Laissons-nous modeler par la Parole de Dieu jusque dans nos silences.

Un !

1Un, comme un Père, ou aussi une comme une voix. Cette voix divine désigne Jésus comme LE Fils de Dieu qu’il faut écouter. Dans la tradition biblique écouter est souvent associé à l’idée de suivre, mettre en pratique les commandements. Finalement, écouter c’est aussi aimer.

ÉCOUTE, Israël! Le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de tout ton être, de toute ta force….(Dt 6,4-9)

Dans la troisième étape de notre jeu, nos pas deviennent peut-être moins assurés. Vous le savez, c’est la partie du « 1,2,3 Soleil ! » le plus délicat : on se sent surveillé de près… Mais dans notre jeu, il ne doit pas en être ainsi. La Parole de Dieu a peut-être révélé nos imperfections mais bien plus elle nous révèle un Dieu- Père, aimant. Mais nos pas doivent être des pas aimants inspirés de la Parole, le Christ. Pas facile ? Peu importe, le Père nous soutient, comme un Père, une Mère, soutient les premiers pas de son enfant

Quand Israël était jeune, je l’ai aimé, et d’Égypte j’ai appelé mon fils… C’est pourtant moi qui avais appris à marcher à Ephraïm, les prenant par les bras… (Os 11 à lire absolument)

Et l’Eglise, la communauté chrétienne, jouent aussi ce même rôle (enfin, normalement) .Pardon, pénitence, partage, prière…. Toute notre vie, tous nos pas sont orientés vers ce Père que nous révèle le Christ. Et stop ! Laissons-nous aimer par Lui.

Soleil !

123Soleil-jeuPour Lui , nous attendrons Pâques… avec d’autres jeux ?

En résumé : Trois, Deux, Un … Soleil !

Trois apôtres qui nous invitent à témoigner joyeusement et ecclésialement de notre joie de croire.
Deux prophètes qui nous appellent à être familiers de la Parole de Dieu partagée.
Un Dieu dont la voix nous entraine dans une relation filiale et attentive avec le Christ, Soleil de Pâques.

 

François

Prêtre catholique et bibliste du diocèse de Luçon (Vendée).

Cet article a 3 commentaires

  1. Plus compliqué qu’une partie de 10.000 aux dés, moins physique que le Mölky, moins tactique que le 6-qui-prend et aussi convivial que le ‘saboteur’… 😉

  2. Je me demande si c’est plus ou moins compliqué qu’une partie de Cathéchic… ! 😉

  3. 🙂

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