Blog et podcast par François, prêtre et bibliste

Jeu n° 3 : Le bal aux prisonniers

Louvre-Viani-le-retour-du-fils-prodigueLa parabole du père et des deux fils  (Lc 15,11-32) c’est un peu comme la balle aux prisonniers : le but c’est le retour dans le camp… mais ce jeu ‘le bal aux prisonniers’ en est une variante . En effet, il nécessite deux camps : celui de l’aîné et celui du cadet. Ces derniers sont gardés par des boulets. Le but du jeu est de permettre aux fils de retrouver, non pas SON camp, mais la maison du père malgré les boulets. Facile ?

Le camp du cadet

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Ce fils-là a voulu partir loin… vaine tentative d’indépendance. Carpe Diem se disait-il comme un adolescent immature. Carpe Diem… c’est-à-dire, selon lui : “Profites de chaque instant, dans le plaisir et l’insouciance, avec l’argent de ton père ! Finissons-en avec la Famille, la Paternité, la religion… A nous l’héritage !” … Nous connaissons ces discours ! Mais cela ne dure qu’un temps. Ce fils cadet est prisonnier des illusions soi-disant neuves et novatrices ‘de son temps’, prisonnier d’un rêve d’émancipation et du plaisir futile…. Il pensait jouer à la balle, il récolte un boulet qui le conduit à la misère, à la perte de sens… Bienheureux boulet qui finalement lui permet de retrouver un peu de lucidité et de courage pour revenir à la maison. Mais dans quel état !

Le camp de l’aîné

cic1917Le second est resté à travailler aux champs. Le problème c’est qu’il ne veut plus rentrer à la maison. C’est vrai quoi : il a été fidèle en tout à son père… un bon petit catho qui a appris par cœur le catéchisme, le droit canon, les règles et les applique, comme un bagnard avec rigueur, sans avoir jamais désobéi aux ordres du père ! Avec un tel garçon aussi chiant, on pourrait même deviner pourquoi le fils cadet est parti. Ce fils aîné demeure prisonnier de son extrême légalisme qui ne laisse place à aucun pardon. Dura Lex, Sed Lex tel est la devise et le boulet de cet aîné. Un boulet si lourd qu’il l’empêche de se mouvoir vers l’amour évangélique et le pardon. Un boulet qui le rend incapable de se réjouir au retour du frère.

La maison du Père

Louvre-Viani-le-retour-du-fils-prodiguePour le cadet, le père c’est l’héritage à dilapider ; pour l’ainé, le père c’est la Loi à suivre… Mais ni pour l’un, ni pour l’autre, ce père n’est un père véritable : capable de miséricorde, de pardon. Pourtant ce père ne ménage pas ses forces pour retrouver ses enfants, et se révéler à eux.

Pour les délivrer, à chaque fois, il se déplace. Alors que le fils cadet est encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou. Pour ces retrouvailles, rien n’est trop beau, ni trop joyeux : veau gras au repas, musiciens et danses, et la plus belle des tenues. Alors que l’aîné reste mordicus aux champs, refusant de rentrer ; c’est encore une fois de plus, le père qui se déplace, qui sort à sa rencontre pour réconforter, réconcilier… et même supplier ! Il met tout en œuvre pour que ses enfants voient son amour, en vivent, jusqu’à la Réconciliation.

Le bal aux prisonniers libérés peut alors véritablement commencer dans la maison du père, entourés de ses fils et de ses serviteurs.

François

Prêtre catholique et bibliste du diocèse de Luçon (Vendée).

Cet article a 2 commentaires

  1. Pourquoi attendre le ‘paradis’ ? Le jeu commence aujourd’hui !

  2. Le problème, c’est bien ça : une balle aux prisonniers en paradis, ça ne peut pas se terminer car tous les prisonniers sont aussitôt libérés !
    Pfff, un jeu de moins auquel on pourra jouer au ciel… quoiqu’on aura toute l’éternité pour y jouer libérés !

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