Pains multipliés et mauvais levain

Pains multipliés et mauvais levain

Mc 8,1-21 Pains et mauvais levain

Et d’autres pains multipliés

En ces jours-là, comme il y avait à nouveau une grande foule et qu’ils n’avaient pas de quoi manger, Jésus, appelant ses disciples, leur dit : « J’ai pitié pour cette foule, car voilà trois jours déjà qu’ils restent près de moi, et ils n’ont pas de quoi manger. Si je les renvoie à jeun dans leur maison, ils défailliront en chemin ; et certains d’entre eux sont venus de loin ! » Ses disciples lui répondirent : « Comment pourrait-on les rassasier de pains, ici, dans un désert ? » Et il leur demanda : « Combien avez-vous de pains ? » Ils dirent : « Sept. » Alors il prescrivit  à la foule de s’étendre par terre. Et prenant les sept pains, ayant rendu grâces, il les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les servent; et ils les servirent à la foule. Ils avaient aussi quelques petits poissons. Les ayant bénis, Jésus dit de les servir. Ils mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta les morceaux en surplus : sept corbeilles. Ils étaient environ quatre mille et il les renvoya. (8,1-9)

Et Jésus nourrit la foule, multipliant les pains, en un endroit désert… comme déjà en Galilée. La scène semble se répéter à l’identique. Cependant nous pourrions jouer au jeu des différences. Soulignons les plus notables. D’abord le lieu. Nous ne sommes plus en Galilée, mais en Décapole. Certes, tous les habitants de la Décapole ne sont pas exclusivement païens, comme tous les habitants de la Galilée ne sont pas Juifs. Chez Marc, la frontière est symbolique distinguant ces deux cultures, Israël et les Nations. Ces derniers bénéficient donc de la même grâce surabondante que les premiers.

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Guérison d’un sourd et surdité d’une foule

Guérison d’un sourd et surdité d’une foule

7,31-37 Guérison d’un sourd

Supplication en Décapole

Quittant le territoire de Tyr, Jésus vint par Sidon vers la mer de Galilée, au milieu du territoire de la Décapole. Et, ils lui amènent un sourd, parlant avec peine, et ils le supplient pour qu’il lui impose la main. (7,31-32)

Une fois de plus, nous retrouvons des similitudes avec d’autres récits :  un homme amené par d’autres (1,32; 2,3), une supplication (1,40; 5,23) et la demande d’imposer les mains (5,23). La scène est pour ainsi dire habituelle même s’il s’agit d’un des rares récits propres à Marc. Nous sommes en Décapole et ce cadre a son importance.

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Les miettes d’une femme syro-phénicienne

Les miettes d’une femme syro-phénicienne

7,24-31 La foi d’une syro-phénicienne.

L’audace discrète de l’Évangile

Se levant, Jésus partit d’ici, vers le territoire de Tyr. Entrant dans une maison, il désirait que personne ne le sache, mais il ne put demeurer ignoré. (7,24)

Nous n’avons pas attendu la réaction des pharisiens et des scribes venus de Jérusalem. Jésus part, soudainement, dans la direction opposée, en territoire païen… là où le risque d’être en contact avec l’impureté est encore plus grand ! Il ne s’agit donc pas d’une fuite par crainte de ses contradicteurs mais, en quelque sorte, d’une réponse ‘en actes’ au débat précédent. L’Évangile n’est soumis ni à une tradition particulière, ni à des frontières, et n’a crainte d’aller au cœur du monde païen. Comme il s’était rendu chez les pécheurs et publicains ou en Décapole, Jésus se risque en terre ‘hostile’. Cependant, Marc précise qu’il tient à y demeurer discret. Pourquoi cette absence volontaire de mission ?

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La vraie pureté

La vraie pureté

Mc 7,1-23 Débat sur la tradition et l’impureté

La foi (limitée) des scribes et pharisiens …

Les pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem se rassemblèrent auprès de Jésus. Ils virent quelques-uns de ses disciples manger les pains avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées — En effet, les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s’être lavé les mains jusqu’au coude, suivant la tradition des anciens. Et lorsqu’ils reviennent de la place publique ils ne mangent pas sans avoir pratiqué des bains. Et ils sont attachés à beaucoup d’autres pratiques:  bains des coupes, des cruches, des plats… — Les pharisiens et les scribes lui demandèrent donc : « Pourquoi vos disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens mais mangent le pain avec des mains impures ? » (7,1-5)

Et voilà que réapparaissent pharisiens et scribes. La dernière fois que nous les avions rencontrés, les pharisiens s’étaient entendus avec les Hérodiens pour perdre Jésus (3,6) et les scribes venus de Jérusalem l’accusaient d’être possédé par Beelzéboul (3,22).  Les revoilà donc mais pour se rassembler auprès de Jésus. Le verbe est fort : ceux qui le contestaient hier viennent au rassemblement de Jésus, rejoignant ainsi les foules (2,2; 4,1; 5,21) et les apôtres (6,30). Faisant suite au récit concernant la foi des gens à Gennésareth, la venue des  pharisiens et scribes de Jérusalem près de Jésus prend des allures d’adhésion. Comme s’ils avaient reconnu en lui ce nouveau Moïse, ce Messie… Mais leur « foi » a ses limites.

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Sur la mer, en marchant

Sur la mer, en marchant

Mc 6,47-56 La marche sur la mer et l’arrivée à Gennésareth

Vers eux, sur la mer

Le soir venu, la barque était au milieu de la mer, et lui, seul, à terre. Les voyant s’agiter à ramer, (car le vent leur était contraire), vers la quatrième veille de la nuit1, il vint vers eux en marchant sur la mer ; et il voulait les dépasser.(6,47-48)

On se souvient que, suite à la multiplication des pains, Jésus obligea ses disciples à prendre la mer tandis qu’il partait prier sur la montagne. Mais il ne s’agit pas tout à fait d’un départ. Comme nous le rappellera l’un des versets suivants (6,52), cet épisode est lié à ces pains multipliés. Et de pains il en sera d’ailleurs question jusqu’au chapitre 8. Le récit commence au soir de ce festin miraculeux. Comme pour l’épisode précédent, l’on va à pied plus vite que la barque. Mais cette fois-ci il s’agit de Jésus marchant sur les eaux. Scène qui nous paraît étrange, voire suspicieuse : un homme poserait-il ses pas sur la mer ? Et la question concerne moins le comment que le pourquoi et le pour qui.

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Pains multipliés pour la multitude

Pains multipliés pour la multitude

Mc 6,30-46 Multiplication des pains

Désert partagé

Les apôtres se rassemblant près de Jésus, lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et de tout ce qu’ils avaient enseigné. Il leur dit : « Venez, vous autres, à l’écart, vers un lieu désert, et reposez-vous un peu. » Car ceux qui venaient et partaient étaient si nombreux, qu’ils ne trouvaient pas le temps de manger. Ils partirent donc en barque vers un lieu désert, à l’écart. Le voyant partir, beaucoup comprirent et de toutes les villes, à pied, ils accoururent en ce lieu, et ils les précédèrent. En débarquant, Jésus vit une foule nombreuse, et il fut pris de pitié car qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger, et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses. (6,30-34)

Retour de mission pour les Douze. Sans s’attarder sur les résultats, Marc souligne surtout la prévenance de Jésus envers les siens. Cette bienveillance annonce déjà la trame de notre chapitre. Pour leur bien, Jésus les mène en un lieu où les apôtres pourront se restaurer, dans tous les sens du terme. Il les conduit dans son désert. Ce lieu où il se rendait habituellement seul pour prier (1,12.13.35.45) est aussi le leur. Mais la foule déjà les précède. C’est une scène surprenante où des gens vont plus vite que la barque de Jésus. Mais Marc veut ici, justement, souligner ce contraste, entre une navigation ‘reposante’ et la foule avide de « Jésus » qui a vite compris ce déplacement vers un autre lieu.

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Hérodiade et le baptiste

Hérodiade et le baptiste

Mc 6,14-29 Hérode et la mort du baptiste

Des disciples à Hérode

Or le roi Hérode entendit parler de Jésus, en effet son nom était devenu célèbre, et on disait : « Jean le baptiste s’est réveillé d’entre les morts : c’est pourquoi  s’opèrent en lui ces miracles. » Mais d’autres disaient : « C’est Élie » ; et d’autres : « C’est un prophète, comme l’un des prophètes. » Ce qu’Hérode ayant entendu, il dit : « Ce Jean que j’ai fait décapiter, c’est lui qui est ressuscité. » (6,14-16)

Ce passage sur Hérode (6,14-29) est situé entre l’envoi des Douze (6,7-13) et leur retour (6,30). Marc a ainsi placé au cœur de la mission des Apôtres, le martyr du baptiste qui évoque ainsi le risque pris par les serviteurs de l’Évangile depuis Jésus jusqu’à ses disciples de tout temps. Nous pouvons déjà l’entendre ainsi dans la bouche d’Hérode pour qui Jésus est du même bois que Jean-Baptiste, annonçant déjà la condamnation, la mort et la résurrection du Christ. Le martyr du baptiste présage déjà la croix du Christ.

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