La Cène, de la trahison à l’Alliance

La Cène, de la trahison à l’Alliance

Mc 14,12-26 La cène

Deux disciples pour les préparatifs

Le premier jour des Azymes, où l’on immolait la Pâque, ses disciples disent à Jésus : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour manger la Pâque ? » Alors, il envoie deux de ses disciples et leur dit : « Allez à la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau, suivez-le. Et là où il entrera, dites au maître de la maison : ‘Le Maître dit : Où est ma salle, celle où je mangerai la Pâque avec mes disciples ?’ Et il vous montrera à l’étage une grande salle garnie et tout prête : là vous ferez les préparatifs. » Les disciples sortirent et allèrent à la ville ; ils trouvèrent comme il le leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque. (14,12-16)

Harold Copping, Preparation For The Last Supper, XIX°s.Le fête de la Pâque se prépare en tout point de vue. Certes, en ce 14 Nissan, les disciples s’inquiètent d’un lieu dans la ville où pouvoir se réunir  pour manger au repas du soir l’agneau sacrifié au Temple. Et nombreux sont les pèlerins qui chercheront aussi un endroit pour manger la Pâque. La Pâque se prépare ainsi que le drame de la Passion qui va bientôt advenir.  À cela aussi les disciples devront s’y préparer. La scène n’est pas sans rappeler l’entrée à Jérusalem. Jésus envoie deux disciples leur indiquant ce qu’ils y trouveront. Ici, non pas un jeune ânon mais un porteur d’eau. Là encore la parole de Jésus est précise et prophétique : il est bien le maître, celui de sa propre passion annoncée, celui qui envoie ses disciples, leur enseignant ce qu’ils devront dire : Le maître dit et ce qu’ils devront faire : là vous ferez les préparatifs. C’est sa Parole qui les ouvre déjà à un avenir. Et c’est lui qui, in fine, leur prépare la Pâque en les rassemblant dans « sa salle ».

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Onction de parfum contre parfum de trahison

Onction de parfum contre parfum de trahison

Mc 14,1-11 Onction à Béthanie et trahison de Judas

Pas pendant la fête

La Pâque et les Azymes devaient avoir lieu deux jours après. Les grands prêtres et les scribes cherchaient comment se saisir de Jésus par ruse, afin de le tuer. Ils disaient en effet : « Pas en pleine fête, de peur qu’il n’y ait du tumulte parmi le peuple. » (14,1-2)

Foule au Saint Sepulcre - Jérusalem 1898 - cliché American colonyLes paroles de Jésus aux quatre disciples s’achèvent à peine que Marc évoque déjà le projet funeste des grands prêtres et des scribes de Jérusalem. C’est à l’approche de cette Pâque qu’il convient pour les disciples de prendre garde et de veiller, car l’épreuve s’approche. Il y a là un paradoxe et une ironie. La fête de Pâque et des Azymes1 célèbre la délivrance des Hébreux et leur sortie d’Égypte (Ex 12-15). Et pourtant, ici, le projet des notables religieux est celui d’enfermer et de tuer.

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Veillez ! (Mc 13,24-37)

Veillez ! (Mc 13,24-37)

Mc 13,24-37 Discours de Jésus, la venue du fils de l’homme (2nde partie)

La venue du Fils de l’homme

Mais en ces jours-là, après cette détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus son éclat, les étoiles du ciel tomberont, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et gloire. Et alors il enverra ses anges et rassemblera ses élus des quatre vents, de l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel. (13,24-27)

Michel Ange, Le Jugement Dernier, Chapelle sixtine, 1541Au Mont des Oliviers, la question des disciples portait sur l’avènement d’un signe annonçant la fin au Temple. La réponse de Jésus, dans un premier temps, a exclu de ces signes annonciateurs les  guerres, séismes, famines et autres catastrophes. Car la tribulation annoncée, le commencement des douleurs, concernait en premier lieu la vie même des disciples face aux persécutions. Maintenant, au cœur de son discours, Jésus « décrit » la fin : le jugement définitif de Dieu. Mais en fait de description, il s’agirait plus d’allusions.

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Prenez garde ! (Mc 13,5-23)

Prenez garde ! (Mc 13,5-23)

Mc 13,5-23 La venue du Fils de l’homme (1ère partie)

Prenez garde !

Prenez garde que personne ne vous égare. Beaucoup viendront sous mon nom, disant : ‘C’est moi’ ; et ils en égareront beaucoup. Alors, quand vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerres, ne vous troublez pas. Il faut que cela arrive mais ce ne sera pas encore la fin. On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume ; il y aura des séismes par endroits ; il y aura des famines. Ce sera le commencement des douleurs de l’enfantement. (13,5-8)

Pablo Picasso, Guernica, 1937Les paroles de Jésus aux quatre premiers disciples ne sont pas des plus optimistes. Et la suite du discours prendra des airs quasi apocalyptiques. Et cela pourrait bien y ressembler. Le mot apocalypse signifie ‘révélation’ et renvoie à un genre littéraire, mêlant visions d’avenir et langage symbolique1 visant, dans un contexte de crise violente, à révéler aux croyants l’espérance d’une issue favorable liée à l’intervention de Dieu. Ici, tout en reprenant le style apocalyptique, Marc, par les paroles de Jésus, évite tout catastrophisme désespérant et tout angélisme naïf, comme nous allons le voir. Ainsi, si les paroles de Jésus débutent par ce ‘Prenez garde !‘, elles se termineront par cet autre impératif  : ‘Veillez !‘ (13,37)

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Face au Temple et à l’avenir (Mc 13,1-5)

Face au Temple et à l’avenir (Mc 13,1-5)

Mc 13,1-5a Discours de Jésus à ses disciples . Le contexte.

Comme Jésus sortait du Temple, un de ses disciples lui dit : « Maître, regarde : quelles pierres et quelles constructions ! » Jésus lui dit : « Tu vois ces grandes constructions ? Il n’en restera pas  pierre sur pierre qui ne soit détruite. » Comme il était assis sur le mont des Oliviers,  face au Temple, Pierre, Jacques, Jean et André l’interrogeaient, à l’écart : « Dis-nous quand cela arrivera, et quel sera le signe que tout cela s’accomplira ? » Alors, Jésus se mit à leur dire : « Prenez garde… (13,1-5a)

Sortir du Temple

Temple au temps de JésusC’est la sortie du Temple pour Jésus et ses disciples. Ils s’éloignent de ce lieu et surtout de ces notables, grands-prêtres, scribes, anciens, pharisiens, hérodiens et sadducéens,  ayant tous vainement tenté de le faire chuter. La pierre rejetée par les bâtisseurs a tenu bon (12,10). Jésus sort du Temple. Les changeurs, les marchands de bêtes et de colombes sont probablement revenus mais lui n’y reviendra plus.  Sa Passion approche. Jésus et ses disciples sortent du Temple. Une autre maison de prière pour toutes les Nations (11,17) et une autre offrande attend Israël et le monde.

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Les scribes et la veuve (Mc 12,35-44)

Les scribes et la veuve (Mc 12,35-44)

Mc 12,35-44 L’enseignement de Jésus au Temple.

Après trois séries de questions de la part des pharisiens, des sadducéens et du scribe, vient maintenant le temps des enseignements de Jésus au Temple. L’un concerne l’identité du Christ selon les Écritures, le second vise les scribes et enfin le troisième porte sur l’offrande d’une veuve.

Le Christ selon David

Prenant la parole, Jésus, disait, en enseignant dans le Temple : « Comment les scribes disent-ils que le christ est fils de David ? David lui-même a dit par l’Esprit-Saint : ‘Le Seigneur a dit à mon Seigneur : siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie tes ennemis sous tes pieds.’ David lui-même l’appelle Seigneur, d’où est-il son fils ? » Et la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir. (12,35-37)

Gerard van Honthorst, le Roi David jouant de la harpe, 1622Si la relation entre Jésus et un scribe fut des plus positives, il n’en reste pas moins que, dans l’évangile selon Marc, les scribes sont les premiers adversaires de Jésus. Ce dernier semble remettre en cause leur enseignement sur le christ, ou plutôt leur vision étriquée du messie, fils de David. C’est pourtant bien sous cette dénomination que Jésus fut appelé par Bartimée et la foule lors de son entrée de Jérusalem1.

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Le scribe et le commandement (Mc 12,28-34)

Le scribe et le commandement (Mc 12,28-34)

Retour à l’évangile selon Marc après cette petite interruption qui nous aura permis de vivre la semaine sainte et de fêter Pâques. Nous reprenons donc notre lecture du douzième chapitre de l’évangile. Jésus est au Temple de Jérusalem, où, après avoir chassé les marchands et les changeurs, il subit l’interrogation des pharisiens et des sadducéens.

Mc 12,28-34 Le plus grand des commandements

Un scribe bienveillant

Alors, un des scribes, qui les avait entendu discuter, et voyant que Jésus leur avait bien répondu, s’approcha et lui demanda : « Quel est le premier de tous les commandements ? » (12,28)

Scribes et pharisiens questionnant Jésus, Tissot,1894Ce sera donc la troisième intervention auprès de Jésus dans le Temple. Les pharisiens puis les sadducéens avaient tenté de piéger Jésus sur des questions de discipline et de croyance. Leur objectif aux uns comme aux autres étant de mettre Jésus en porte-à-faux, notamment vis-à-vis d’un soutien populaire qui ne leur permet pas de l’arrêter. Cette fois-ci, ce n’est plus un groupe qui intervient mais un seul scribe. L’attitude de ce dernier à l’égard de Jésus est décrite de manière positive. Jésus lui-même le considèrera avec une bienveillance. Pourtant les scribes furent cités parmi les acteurs de sa passion prochaine, et seront bientôt l’objet de vives critiques (12,38-40). Mais cette fois-ci un scribe – mais un seul – souligne la perspicacité de Jésus dans ses réponses aux pharisiens et sadducéens.

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