Le repas des pécheurs

Le repas des pécheurs

Bord de mer et bureau des taxes

Il sortit de nouveau au bord de la mer, et toute la foule venait à lui et il les enseignait. En passant, il vit Lévi, le fils d’Alphée, assis au bureau des taxes, et il lui dit : « Suis-moi. » Et, se levant, il le suivit. (2,13-14)

N’y aurait-il pas dans cet épisode comme un parfum de déjà-vu : le bord de mer, un appel, une réponse positive immédiate ? On croirait le récit de la vocation des premiers disciples se répéter. Trop facile. Marc joue ici avec les nuances et les oppositions. En ce bord de mer, Jésus enseigne. Et comme toujours, des gens viennent à lui. Mais le verset suivant décrit une scène totalement différente.

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L’amour à travers toit

L’amour à travers toit

Et nous voilà de retour à la maison de Capharnaüm après une pérégrination en Galilée. Cela aurait dû être, comme en toutes maisons, un temps de vie simple, familial et de repos bien mérité. Il en sera autrement.

Il entra à nouveau à Capharnaüm, quelques jours après, et l’on apprit qu’il était à la maison. Beaucoup de gens s’y rassemblèrent si bien qu’il n’y avait plus de place, pas même aux abords de la porte ; et il leur dispensait la parole. (2,1-2)

Une maison pour sa Parole

Très vite la salle est prise d’assaut. Elle devient un lieu de rassemblement où Jésus enseigne, parallèlement à la synagogue1. Peu importe qu’ils soient dix ou cinquante à s’entasser (la maison n’est pas si grande2) , en utilisant le verbe « se rassembler », Marc souligne qu’il ne s’agit pas d’une file d’attente de curieux ou de malades espérant un miracle, mais d’hommes et de femmes venus d’abord l’écouter. Et le fait est là : il n’y a plus de place.

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Le lépreux et l’irritation de Jésus

Le lépreux et l’irritation de Jésus

Vers le loin

Où sommes-nous exactement ? En Galilée, certes, mais précisément nous n’en savons rien. Cet épisode de la guérison du lépreux (Mc 1,40-45) intervient un peu comme une parenthèse, un épilogue transitoire, comme si nous arrivions au bout d’une première étape. Déjà, nous avons suivi deux guérisons à Capharnaüm. Celle de l’homme à l’esprit impur au sein de la synagogue. Puis celle de la belle-mère de Pierre, à la maison. Maintenant nous voilà à l’extérieur, plus loin, face à un homme lépreux .

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Une belle-mère contagieuse

Une belle-mère contagieuse

Après la synagogue du village, nous ne quittons pas Capharnaüm où nous allons passer une journée et une nuit, Marc égrenant pour nous les heures.

À la maison, aussitôt.

Et aussitôt, sortant de la synagogue, ils vinrent dans la maison de Simon et d’André, avec Jacques et Jean. Or, la belle-mère de Simon était couchée, souffrant de fièvre ; aussitôt ils lui parlèrent d’elle.  Et, s’approchant, il la fit lever en lui prenant la main. La fièvre la quitta, et elle les servait. (1,29-31)

Comme à son habitude, Marc enchaîne très rapidement les événements  : et hop, à la maison où l’on évoque la belle-mère fiévreuse ! Et hop, il la guérit et elle fait le service ! Je devine déjà les pensées de certains et je leur dis : Non, Jésus n’a pas guéri cette femme contre l’avis de Simon, son gendre, ni parce qu’il lui manquait une boniche. La succession rapide de ces actes vient en conséquence de ce qui advint dans la synagogue. À l’autorité de sa parole succède maintenant l’autorité de son action. Le règne de Dieu qu’il annonçait en enseignant (1,14-15.21) s’accompagne de faits bien réels : l’Évangile en paroles se déploie dans des actes.

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Que nous veux-tu Jésus de Nazareth ?

Que nous veux-tu Jésus de Nazareth ?

Fils pleinement investi par le Père, Messie porteur d’une nouvelle Alliance,  suivi maintenant par quatre disciples,  il nous faut désormais avancer, dans cette pêche insolite, vers ce peuple en attente. L’évangile de Marc est le plus désarçonnant et le passage ci-dessous (Mc 1,21-28) soulève plus d’interrogations que de réponses.

Scribes et synagogue

Ils pénètrent dans Capharnaüm. Et, aussitôt, le jour du sabbat, entré dans la synagogue, Jésus enseignait. Ils étaient frappés de son enseignement, car il les enseignait en homme qui a autorité et non pas comme les scribes. (1,21-22)

Capharnaüm en Galilée (cf. carte), est le premier bourg que nous rencontrons, village connu pour être celui de Simon-Pierre. Notre scène constitue la première confrontation entre Jésus, ses disciples, et la population. Cette rencontre est solennisée par la mention du jour du sabbat (jour saint et chômé du Judaïsme)  et de la synagogue (lieu de rassemblement de juifs pieux pour la prière). C’est donc à l’occasion du culte que Jésus se laisse découvrir à un groupe rassemblé pour la prière du sabbat. Son premier acte est celui de la prédication qui suivait, ou précédait, la lecture de la Thora. Ce dernier point peut déjà nous surprendre : à quel titre Jésus enseigne-t-il de manière officielle ? Rappelons qu’à l’époque de Jésus, le judaïsme rabbinique n’existe pas encore. Le culte est pris en charge par les croyants des villages et il n’était pas rare de laisser la prédication à un hôte de marque, même s’il vient de Nazareth.

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Pêcheurs d’hommes sans filet

Pêcheurs d’hommes sans filet

Règne de Dieu contre règne des despotes

Après que Jean eut été livré, Jésus vint en Galilée,  proclamant l’Évangile de Dieu. Il disait:
« Le temps est accompli et le Règne de Dieu s’approche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » (Mc 1,14-15)

Loin d’une simple campagne de promotion, Marc souligne le contexte oppressant dans lequel Jésus s’inscrit, en mentionnant l’arrestation de Jean. Mais aucune tyrannie n’empêche Jésus d’annoncer ce temps nouveau du Règne qui s’approche au pas du Nazaréen. Et nous quittons le désert pour la verdoyante et fertile Galilée, où résonne, pour la toute première fois à nos oreilles, la voix de Jésus lui-même. Sa première phrase pourrait s’entendre comme un appel à la révolte suite à l’arrestation du baptiste : un nouveau règne devrait supplanter ceux d’Hérode, des Romains et de tous les opposants aux disciples du Seigneur ! Comment ne pas penser également à la situation des chrétiens de Rome à l’époque de Marc (cf. article), mais aussi aux persécutions actuelles. C’est une tentation d’en appeler à la force apocalyptique de Dieu : que son règne vienne pour enfin régler le compte de ces sangs versés innocemment, c’est à dire d’obéir à nos désirs de vengeance ! Or la suite des paroles de Jésus n’en appelle pas à la violence ni même à la conversion des adversaires mais à la nôtre. Et l’unique cri de victoire n’a d’autre nom que la foi : convertissez-vous et croyez à l’Évangile ! S’il y a une révolution, un retournement, c’est en nous-mêmes !  Et quelle meilleure explication qu’une bonne illustration :

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Eden retrouvé

Eden retrouvé

Après celui d’Isaïe (1,1-4) et celui de Jean le baptiste (1,5-11), vous reprendriez bien un peu de désert ? Car, une fois encore,  nous nous y rendons, en suivant Jésus (1,12-13) mais ce troisième désert paraît bien différent et particulier.

Et aussitôt l’Esprit le poussa dans le désert. Il était dans le désert durant quarante jours, tenté par Satan, et était parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. (1,12-13)

Poussé par l’Esprit

À peine le Seigneur Dieu a-t-il, de sa voix, encouragé son Messie que son Esprit le pousse, ou plus  littéralement le jette au désert dans un aussitôt surprenant. Non pas d’emblée en Judée, ou Galilée, ni même à Jérusalem, à la rencontre des foules mais là où, a priori, il n’y a pas grand monde. Je vous disais bien que l’on n’aurait pas fini d’être surpris ! Quelle urgence y a-t-il à être en ce désert ? On aurait tord, sans doute, de considérer ce séjour comme une retraite de première communion ou d’ordination. Si l’Esprit du Seigneur l’y envoie « aussitôt », c’est qu’il va de sa mission de Fils bien-aimé, et du Salut de tous. Il se s’agit pas d’une balade mais d’un impératif ! La nouvelle alliance entre Dieu et son peuple, que le baptiste annonçait au bord du Jourdain, nécessite une terre sainte renouvelée, débarrassée définitivement des souillures du mal.

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