Évangile selon Marc : conclusion et conversion. (Mc 16,8.9-20)

Évangile selon Marc : conclusion et conversion. (Mc 16,8.9-20)

Entendre la Parole pour sortir du tombeau

Elles sortirent et s’enfuirent loin du tombeau. En effet le tremblement et la stupeur les avaient saisies … (16,8a)

Le Guerchin, Saint Marc taillant une plume, XVII° s.Durant près de sept mois, j’ai essayé de marcher  – au rythme de Marc – dans les pas de Jésus de Nazareth, Christ et Fils de Dieu. J’ai souhaité vous inviter à cette pérégrination évangélique, en espérant ne pas vous avoir trop fatigué, ni perdu. Certes, il reste encore quelques versets à entendre – vous les trouverez ci-après. Mais avant, et en guise de conclusion, je souhaite simplement évoquer quelques impressions.

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Le crucifié est ressuscité (Mc 16,1-8)

Le crucifié est ressuscité (Mc 16,1-8)

Mc 16,1-8 La résurrection du Seigneur

Le premier jour de la semaine

Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates, afin d’aller embaumer Jésus. Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles viennent au tombeau, le soleil étant levé. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre de l’entrée du tombeau ? » Et, levant les yeux, elles voient que la pierre avait été roulée ; or elle était très grande. (16,1-4)

Nikolaï Haberschrack, Les trois Marie, 1470La fin du sabbat marque le commencement d’une nouvelle semaine après celle de Pâque et de la passion (14,115,42). C’est la première fois que Marc emploie le terme de sabbat depuis le ministère galiléen1. Jésus, ce Fils de l’homme maître du sabbat (2,28), œuvrait ,ce jour sacré,  chassant l’esprit impur (1,21), sauvant un homme d’une main desséchée (3,2-4). La mention du sabbat permet ainsi déjà d’envisager une issue favorable après la mort de Jésus. Marc insiste sur ce commencement renouvelé en usant d’expressions comme : de grand matin, premier jour, soleil levé, contrastant avec l’épisode de la croix. En ce premier jour de la semaine, toute la création est déjà éveillée après le soir de la crucifixion (15,42) et la venue des ténèbres (15,33). La Vie pointe à l’horizon.

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La mort du Fils de Dieu (Mc 15,33-47)

La mort du Fils de Dieu (Mc 15,33-47)

Mc 15,33-47 La mort de Jésus et la descente de la croix

Le cri de Jésus

La sixième heure étant venue, il y eut les ténèbres sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éloï, Éloï, lema sabacthani ? » ce qui signifie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Certains de ceux qui étaient là, en l’entendant, disaient : « Voici qu’il appelle Élie. » Et quelqu’un courut emplir une éponge de vinaigre, et l’ayant mise au bout d’un roseau, lui donnait à boire, en disant : « Laissez, voyons si Élie viendra le faire descendre. » Mais Jésus, ayant poussé un grand cri, expira. (15,33-37)

Manuscrits des évangiles de Gelati, La Crucifixion,12thLes heures s’égrènent comme aucune autre journée en Marc. Il souligne ainsi l’importance et la gravité du moment. Mais le jour est aussi ténèbres durant ces trois heures de l’après-midi1 et cela sur ‘toute la terre’ signifiant la portée universelle du salut par la croix. Au moment où, normalement, le soleil est à son zénith,  l’obscurité advient, nous rappelant ainsi le jour annoncé pour la manifestation céleste du Fils de l’homme quand  le soleil s’obscurcira (13,24-27). Ces ténèbres sont le signe de l’avènement du jugement divin, du jour du Seigneur. Et l’on  s’attendrait à l’action de Dieu en faveur de son Messie, pour qu’il le sauve, le descende de sa croix et que tous le reconnaissent et ploient le genou. Mais au lieu de cela, à la fin des ténèbres c’est un cri d’abandon que le crucifié fait entendre. Et pourtant dans ce cri, se dévoile tout le mystère du Messie crucifié.

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Messie roi, humilié et crucifié (Mc 15,16-32)

Messie roi, humilié et crucifié (Mc 15,16-32)

Mc 15,16-32 Crucifixion de Jésus

La fin du roi ?

Les soldats emmenèrent Jésus à l’intérieur de la cour, c’est-à-dire dans le prétoire. Ils convoquent toute la cohorte. Ils le revêtent de pourpre et ceignent sa tête d’une couronne d’épines qu’ils avaient tressée. Puis ils se mirent à le saluer : « Salut, roi des Juifs ! » Et ils lui frappaient la tête avec un roseau, et ils crachaient sur lui, et, ployant les genoux, ils se prosternaient devant lui. Après s’être ainsi moqués de lui, ils le dévêtirent de la pourpre, le revêtirent de ses vêtements et le firent sortir pour le crucifier. (15,16-20)

Le Caravage, Le couronnement d'épines, 1604La condamnation à la crucifixion de Jésus1 par Pilate marque la fin de règne pour ce ‘messie, roi des Juifs‘ impuissant, silencieux et livré maintenant aux mains des païens romains (10,34) pour être crucifié. À travers les outrages et les humiliations, au cœur de cet étrange spectacle, c’est pourtant bien la réelle royauté et la véritable messianité du Fils de Dieu qui se laissent contempler.

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Pilate, le roi des Juifs et Barabbas (Mc 15,1-15)

Pilate, le roi des Juifs et Barabbas (Mc 15,1-15)

Mc 15,1-15 Comparution de Jésus devant Pilate

Pilate et Jésus

Aussitôt, le matin, les grands prêtres tinrent conseil avec les anciens et les scribes, et tout le Sanhédrin. Et après avoir lié Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate. Pilate l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui répondit : « Toi, tu le dis. » Et les grands prêtres multipliaient les accusations contre lui. Alors, Pilate l’interrogea de nouveau, disant : « Tu ne réponds rien ? Vois tout ce dont ils t’accusent. » Mais Jésus ne répondit plus rien, de sorte que Pilate s’en étonnait. (15,1-5)

Duccio di Buoninsegna, Christ devant Pilate, 1311Après le procès nocturne, chez le Grand Prêtre, vient maintenant le temps de la comparution au grand jour : l’épisode se situe au matin, après le chant du coq, et apparaitront des personnages comme Pilate, Barabbas et la foule. L’anonymat du Grand Prêtre laisse place au personnage de Pilate qui à l’inverse n’est pas nommé par sa fonction de préfet romain1. Si tout le Sanhédrin a jugé que Jésus mérite la mort, le pouvoir de condamner à mort est détenu par l’autorité romaine en place. Jésus, comme annoncé, est livré au mains des païens (10,33). Le dernier mot, l’ultime et vrai jugement revient donc à Pilate. Celui-ci mène maintenant l’instruction. Mais cette dernière prend une tournure étrange.

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Chez le Grand Prêtre : faux témoins et reniement (Mc 14,53-72)

Chez le Grand Prêtre : faux témoins et reniement (Mc 14,53-72)

Mc 14,53-72 Comparution devant le Grand Prêtre et reniement de Pierre

Vrais faux témoins

Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre. Se réunissent tous les grands prêtres, les anciens et les scribes. Pierre le suivit de loin, jusqu’à l’intérieur de la cour du Grand Prêtre. Il était assis près du feu avec les auxiliaires, il se chauffait près de la flambée. Les grands prêtres et tout le sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir, et ils n’en trouvaient pas car beaucoup témoignaient faussement contre lui, et les témoignages ne concordaient pas. Enfin quelques-uns, se levant, témoignèrent faussement contre lui en disant : « Nous l’avons entendu dire : Je détruirai ce Sanctuaire fait de main d’homme, et en trois jours j’en construirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. » Mais sur cela même leurs témoignages ne s’accordaient pas. (14,53-59)

Mattias Stom, Christ face à Caïphe,1630La comparution de Jésus face au tribunal religieux du Sanhédrin se déroule de nuit et chez le Grand Prêtre1 et non à son lieu public habituel. Marc souligne ainsi le caractère mensonger du procès : faux lieu, faux témoins, fausses accusations,  faux juges et faux disciple. Seul Jésus s’affirmera en vérité. Pierre mentionné ici encadre ce procès religieux. Malgré l’abandon, il est le seul des Douze à être présent, certes de loin mais tout de même dans la cour du Grand Prêtre et au milieu des auxiliaires du Temple. Le procès de Jésus se déroule de manière singulière : les soi-disant témoins se succèdent avant que nous ayons entendu le motif d’accusation. Ici, ce n’est pas la vérité qui est cherchée mais la condamnation.

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Arrestation, trahison et abandons (Mc 14,43-52)

Arrestation, trahison et abandons (Mc 14,43-52)

Mc 14,43-52 L’arrestation de Jésus

Le baiser faux de Judas

Aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l’un des Douze, et avec lui une foule, avec des glaives et des bâtons, qui venait de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens. Celui qui le livrait leur avait donné ce signe en leur disant : « Celui que j’embrasserai, c’est lui, saisissez-le et emmenez-le sous bonne garde. » Aussitôt qu’il fut arrivé, s’approchant de Jésus, il dit : « Rabbi ! » et il lui donna un baiser. (14,43-44)

Le Caravage, L'arrestation du Christ, 1598.S’il est encore cité comme l’un des Douze, Judas en est totalement désolidarisé. Il vient depuis l’extérieur avec une foule armée. Il n’est plus l’Iscariote – l’homme de Qeryoth1, comme précédemment nommé (3,19; 14,10) mais l’homme et l’apôtre des commanditaires : grands prêtres, scribes et anciens. Tout est bouleversé en cette nuit et en ce jardin de Gethsémani.

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