Noël à Bethléem

Quand on est en Terre Sainte, durant la période de Noël, se rendre à Bethléem le soir de Noël, paraît incontournable, même si Noël se célèbre dans chaque église du monde.

Où allions-nous ?

Partis de Jérusalem, le passage au ”check-point” fut une formalité – aucun de nous étaient palestiniens il est vrai – formalité avec des militaires israéliens nous souhaitant “Merry Christmas” avec le sourire parfois… magie de Noël ou simple diplomatie ?


Pour y  être déjà allé quelques mois plus tôt, Bethléem avait pour l’occasion changer de visage : la ville illuminée et le parvis de la Basilique de la Nativité en fête, des concerts de chorales et musiciens locaux entonnant des chants de Noël. Bien sûr nous avons patienté en prenant notre place dans une file d’attente, mais sans rechigner, sans trop de bousculade.

Que sommes-nous allés chercher ?

Les motivations des uns et des autres étaient sans doute divers : les uns pour célébrer Noël dans le lieu même de la Nativité, d’autres pour vivre ce moment important de la vie de l’Église dans les Territoires Occupés, d’autres encore portés (pour ne pas dire poussés) par les intentions de prière que leur entourage leur avait confiés. Pour ma part se fut sans doute pour tous ces motifs.

Qu’avons-nous trouvé ?

Au delà de la foule bigarrée : habitants, pèlerins, touristes, étudiants et travailleurs européens en Israël, sans oublier les autorités palestiniennes et d’autres nationalités, il y eut un peuple en communion, uni dans une même prière, porté par l’alternance des chants et des lectures en arabe et en latin. La sobriété émouvante avec laquelle fut célébrée l’eucharistie a éteint bien d”appareils photos numériques tellement elle illuminait les cœurs. Mais au-delà d’une émotion, qui par définition est volatile et volage, être présent en ce lieu nous tournait vers le sens même de Noël. Ce fut en quelques sorte l’incarnation de l’Incarnation. Durant l’homélie de Mgr Sabbah, ses mots chargés à la fois de tristesse sur la situation actuelle et mais appelant à l’Espérance, n’était pas sans lien avec le Mystère de Noël : Dieu présent au cœur des difficultés humaines et politiques et capable de changer le cœur des hommes et la face du monde, mais non sans eux. Sans doute pouvons-nous vivre pleinement Noël sans être à Bethléem. Mais y l’avoir vécu nous fera sans doute vivre les Noëls futurs autrement.

J O Y E U X    N O E L !

François BESSONNET

Prêtre catholique et bibliste du diocèse de Luçon (Vendée).

Cet article a 2 commentaires

  1. Anonyme

    Trop fort Melchior

  2. François Bi (La Roche)

    Bonne Année François !
    Merci de tes commentaires pour TFI. C’est mieux que Léon Zitrone !

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