Trois BD : Vincent, Yona… et un lapin bleu

Petit retour sur les prix décernés lors du 25ème festival de la BD chrétienne à Angoulême.

Ne vous y fiez pas : c’est du très bon !

Monsieur VincentAvec Monsieur Vincent je pensais me plonger dans une lecture enfantine d’une hagiographie aux bons sentiments : bref, une lecture reposante  sur la vie édifiante d’un saint homme. Edifié,  je l’ai été. Mais pour une lecture infantile je repasserais ! L’oeuvre de Brunor & Millotte mérite amplement ce prix 2011. Sans doute avais-je mal lu : Monsieur Vincent, LA vie à sauver (et non UNE vie à sauver). Les auteurs nous font entrer non seulement dans la vie de St Vincent de Paul, mais aussi dans l’Histoire du XVII°  s. et surtout celle de la pensée catholique. Nous entrons ainsi avec cette magnifique BD dans le combat contre le jansénisme. C’est l’intérêt de cette oeuvre, celle de ne pas nous faire tomber dans une charité larmoyante mais de fonder la charité de St Vincent de Paul dans la théologie. A l’heure de la spécialisation (la charité aux hommes et femmes de cœur; la théologie aux froids théologiens), c’est un bel effort de réconciliation: la charité fondée dans le Christ, appuyée par une lecture éclairée de la Tradition et des Ecritures. Je ne saurais donc trop recommander cette BD qui nous intéresse tout autant sur la vie d’un prêtre courageux que sur la foi dans salut de tout homme. C’est très lisible, bien écrit et excellemment servi par un trait simple mais efficace.

Monsieur Vincent : la vie à sauver de Brunor & Didier Millotte, éditions Mame/Edifa – Prix international de la BD chrétienne 2011.

Pff !!Mais méfiez-vous du Lapin bleu.

J’hésite encore à donner mon avis sur cette BD. Je n’y ai trouvé qu’ennui. Nuit Blanche à Bethléem paradoxalement tiendrait plus du genre ‘soporifique’. Y’a de l’humour (facile) et une volonté (lourde et assommante) d’expliquer le Mystère de l’Incarnation. Mais c’est surtout la manière de raconter cette histoire qui reste pour moi un mystère. Beaucoup d’allusions, beaucoup de symboles (tant qu’un blog explicatif accompagne la lecture !) … mais trop de symboles tuent le symbole ! C’est dommage, la manière d’aborder la nativité est originale mais, euh comment dire ?, qu’elle en dit justement trop (et hélas parfois maladroitement).

Nuit blanche à Bethléem, Coolus et Birus, éditions des Béatitudes (j’aurais dû me méfier…)

Le voyage des (grands-)pères.

L'Exode selon Yona- 1.DescendanceLe Prix du Jubilé pour le 25° anniversaire du festival de la BD chrétienne a été attribué à la trilogie de David Ratte, le voyage des Pères. J’ai déjà eu l’occasion de dire tout le bien que je pensais de cette série. Je suis revenu d’Angoulême ravi d’avoir pu rencontrer l’auteur qui débute une seconde époque ‘L’Exode selon Yona’. Cette fois-ci, nous plongeons dans le temps de Moïse et de la sortie d’Egypte. Tel père, tels ancêtres : voilà Yona (ancêtre de Jonas et tout aussi caractériel) qui nous introduit à l’histoire.  Descendance, nous plonge (toujours avec humour, sérieux et discrétion) dans le monde des Hébreux esclaves de Pharaon. D.Ratte prend encore des chemins parallèles pour évoquer les récits du livre de l’Exode. Ce premier album de cette nouvelle trilogie tient toutes ses promesses et nous donne envie de connaître la suite.

L’Exode selon Yona, 1 – Descendance, David Ratte, Editions Paquets.

à suivre :

2 livres : Aime jusqu’au bout du feu (fr.Christophe), Minuscule traité acide de spiritualité (M.Bellet)

1 parole : Verbum Domini (Exhortation Apostolique, Benoît XVI)

François BESSONNET

Prêtre catholique et bibliste du diocèse de Luçon (Vendée).

Cet article a 2 commentaires

  1. François

    @Fidji – Je suis ravi de votre réponse :

    je le trouvais plus pour enfants, avec parfois une ou 2 anecdotes sympathiques. Ce n’est que lorsque je l’ai relu, avec les commentaires du blog pour m’aider, que je me suis rendu compte de la richesse du contenu.

    S’il est besoin d’un blog pour ‘comprendre’ la BD, je trouve çà dommage. Et je le réaffirme : il y a TROP de symboliques pour prendre plaisir à la lire !
    Quant à voir cette BD comme un ‘moyen d’évangélisation’… Je crois qu’on utilise ce terme d’évangélisation à toutes les sauces (des sauces qui parfois masque le vrai goût de l’Evangile), mais c’est un autre débat.

  2. Fidji

    Bonjour à tous !

    Je n’ai lu qu’un seul des trois ouvrages, et je me permets d’y laisser mon commentaire (plus d’avis = plus de crédibilité, non ^^?)

    J’ai pu lire le lapin bleu, la première fois plus ou moins en diagonale. je le trouvais plus pour enfants, avec parfois une ou 2 anecdotes sympathiques.
    Ce n’est que lorsque je l’ai relu, avec les commentaires du blog pour m’aider, que je me suis rendu compte de la richesse du contenu. Un simple lecteur ne voit pas aussi loin que l’auteur par moments. Pour quelqu’un d’avancé, il peut être un peu lourd, mais si j’ai bien compris, il s’agit plus d’un moyen d’évangélisation pour tous types de personnes (amateurs, initiés, purs théologiens, …) pour toujours revoir les choses sous un autre angle.

    Du moins, c’est comme ca que j’ai compris la chose 😉

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