Kyrie … avec un K comme carême

Lundi (3e semaine de Carême)

Kyrie : vocatif du mot grec κύριος (kurios) signifiant Seigneur. Premier mot de la prière chrétienne et du chant liturgique du rite pénitentiel de la messe : kyrie eleison (Κύριε ἐλέησον kurié éléèson : Seigneur prends pitié).

Kyrie

Vous me direz qu’aujourd’hui le choix du mot n’est pas très original. Mais après le kikoolol et la kalachnikov, il fallait se recentrer sur l’essentiel, revenir à Dieu… crier vers lui. D’autant que les textes du jour, justement, nous y appellent. Mais ce n’est pas tant le terme kyrie qui m’intéresse ici, mais sa déclinaison : le vocatif. Kyrie c’est un cri, un appel : « Seigneur ! » Au moins le cri a le mérite d’être clair : cris de souffrance, de colère, de repentance, de joie, d’enfantement, appel au secours, appel au dialogue… Le cri c’est la prière de l’instant qui nous évite le rabâchage.

Dans notre vie quotidienne, nous savons crier : invectives contre la politique ou ses représentants, cris d’injustice, cris et insultes contre son contemporain, mais aussi interpellations de nos proches… Nous crions souvent contre les autres, ou nous les appelons comme s’ils devaient nous obéir au doigt et à l’œil. Mais parfois, il est bon aussi de crier vers Dieu. La Bible nous révèle ces cris :

J’ai vu la misère de mon peuple en Égypte et je l’ai entendu crier sous les coups de ses chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. (Ex 3,7)
Les fils d’Israël crièrent vers le SEIGNEUR et le SEIGNEUR leur suscita un sauveur, (Jg 3,15)
Sois attentif à ma voix et à mes cris, mon roi et mon Dieu, c’est toi que je prie. (Ps 5,3)
etc..

Même si nos appels ne sont pas toujours justifiés ou ajustés, ils ont au moins le mérite de nous faire entrer en dialogue avec Dieu et donc de ne pas nous prendre pour lui. Vous me direz : le cri oui, mais la réponse se fait parfois attendre… Plus justement, la réponse ne se fait pas entendre. A s’écouter soi-même crier, il arrive que nous n’entendions rien.  C’est le risque … y compris dans les cris de joie.  Alors nous nous risquons de nous faire juge, accusateur, et non miséricordieux. Car le cri est toujours démesuré : bruyant, incompréhensible, envahissant ou destructeur. Fort heureusement Dieu n’a pas de tympan, mais il a de la voix : voix de l’Écriture, voix du Christ, voix qui se fait entendre. A quoi sert le cri, si nous ne faisons silence pour entendre la réponse : sa Parole toujours vivante et agissante.

Kyrie de joie, pour Dieu notre force, acclamez le Dieu de Jacob (d’après Ps 81,2)
Donnez de la voix, et vous recevrez : une Parole mesurée… (d’après Lc 6,37)

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