Blog et podcast par François, prêtre et bibliste

Kalachnikov … avec K comme carême

Kalachnikov : Fusil mitrailleur AK-47 de fabrication soviétique (Автомат Калашникова, Avtomat Kalachnikova). Cette arme doit son nom à son concepteur, en 1947 : Mikhaïl Kalachnikov (1919-). Aujourd’hui la version AKM (très en vogue dans les milieux de la guérilla) doit son succès à sa facilité d’entretien, et son faible coût de fabrication.

Ils nous agacent, nous horripilent : leur présence est une souffrance, et le fait de penser à eux est un cauchemar. Il y a bien des fois, où l’on aimerait sortir la grosse artillerie, les balayer tous à la kalachnikov, les réduire en miettes et les disperser ‘façon puzzle’.


[youtube https://www.youtube.com/watch?v=urX8n2sA97Q

Qu’est-ce que cela nous soulagerait. Car tout le monde n’est pas kikoolol… mais Raoul, plus certainement.

Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent… Bel oxymore, facile à dire, quant au passage à l’acte… Mais pourquoi nous en demander autant ? L’amour des ennemis fait-il partie de la panoplie de la mortification avec le fouet, le cilice, le jeûne strict, et la prière à genou (sur une règle en fer, bien sûr !) ? Bon, cela reviendrait finalement à retourner la Kalachnikov contre soi. Faut-il être à ce point maso pour être un bon chrétien ?

Pourquoi donc aller jusqu’à l’amour de ses ennemis ? Quel est l’enjeu ?

Jésus nous oblige à un autre regard. Mon ennemi est mon prochain, il m’est souvent proche (ça on le savait hélas) : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis. Mais il aura beau m’être proche, il reste mon ennemi, celui avec qui s’est creusée une distance et dont le seul lien reste la haine, le mépris ou la peur. Mais cela ne résout pas entièrement notre ‘problème’ : pourquoi l’aimer ? D’autant que je ne suis pas sûr de la réciproque. Alors quel intérêt ?

afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux …  Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

Etre parfait comme Dieu : qui peut le prétendre ? Mais s’agit-il de viser une perfection morale ? Le but n’est pas tant de devenir un super-bon-gentil-chrétien obéissant à Dieu que de faire signe de son amour, d’être les munitions de sa grâce ? La question sous-jacente à l’amour des ennemis est sans doute celle du témoignage de l’amour parfait du Père, capable d’illuminer les moins aimables, de faire lever son soleil sur les bons comme sur les méchants. Aimer son ennemi, ce n’est pas tant vouloir devenir son ami (et encore moins lui donner raison), que d’avoir pour lui, le même regard d’espérance que le Fils capable de relever tout homme. Et cela nous ne pouvons l’accomplir sans Lui.

Par cet amour des ennemis, nous sommes appelés à devenir signe de Vie, de Sa vie, donnée entièrement malgré les non-signes effectifs de mort qui l’entouraient à la Passion. Aimer nos ennemis, c’est savoir Dieu agir (quand même) en eux.

Derrière comme devant la kalachnikov,
se cachent des hommes aimés de Dieu…
le plus dur, c’est d’en être convaincu.

A suivre…

Les lectures du jour.

K… comme Carême. Le principe : chaque jour (sauf le dimanche), dire le carême par un mot commençant  par K. Quarante jours donc quarante mots pour (re)découvrir le carême. Retrouvez tous les articles déjà parus de la série “K… comme Carême“.

Cet article a 4 commentaires

  1. @ s.u.Père François
    Un grand merci pour votre réponse. J’y vois un peu plus clair !

  2. @Cardabelle – Justement, aimer ne signifie pas attendre de l’autre la même attitude (nous en faisons tous l’expérience), et c’est vrai que cela nous déchire le coeur. Mais au moins, nous affirmons et posons là un geste d’espérance. C’est peut-être tout ce dont nous sommes capables de faire, en attendant une réponse libre et aimante… un jour qui sait (mais cela ne nous appartient pas)

  3. Très belle réflexion, mais que veut dire aimer son “ennemi” (parfois extrêmement “proche” !) – quand celui-ci refuse toute ouverture, tout dialogue, et rejette toute tentative de réconciliation ???

  4. et je ne peux penser qu’à la réflexion d’un élève lisant le poème de Manouchian, écrit quelques heures avant d’être fusillé par la gestapo “je n’ai pas de haine pour le peuple allemand”, cet élève écrivant avec ses mots…”si un jour il m’arrive un truc comme ça et que je suis capable de dire un truc comme Manouchian… je crois que j’aurai réussi ma vie”. La copie a une dizaine d’années je crois, je l’ai gardée…pour la relire de temps en temps.

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