La résurrection du Christ : présentation (Jn 20-21)

Pâques et la résurrection de Jésus ne peuvent être évoqué sans le mystère du tombeau vide. Chaque évangéliste nous fait passer par ce lieu et ce moment, soit le premier jour de la semaine correspondant à notre dimanche.

Bartolomeo Schedoni, les Marie au tombeau, 1614

Cet article existe aussi en version podcast (cf. ci-dessous). Jean et le Ressuscité (1/7) Jn 20-21

Jésus est mort crucifié le vendredi précédent. Aucun évangile ne nous décrit la résurrection elle-même, c’est-à-dire la manière dont Jésus ressuscité. Tout ce qui nous est décrit c’est un corps disparu de son tombeau. Aussi les quatre évangélistes vont, chacun à leur manière, remplir ce vide du tombeau de leur foi en la résurrection. Le récit semble le même pour les quatre évangélistes : des femmes viennent au matin, découvre un tombeau vide, reçoivent un message d’êtres divins leur annonçant que Jésus est ressuscité, et elles repartent annoncer cette bonne nouvelle aux autres disciples et apôtres.

Alexandre Ivanov, Le Christ aparaissant à Marie Madeleine, XIXs.

Des récits d’évangile différents

La trame est identique mais les détails seront très divers : le nombre de femmes et leurs noms, la description de l’apparition de l’apparition céleste, et les termes du message, etc. S’il faut reprendre quelques éléments de la découverte du tombeau vide, on peut rappeler les traits descriptifs de chaque évangéliste. Pour Marc (16,1-8), trois femmes vont au tombeau vide : Marie de Magdala, Marie mère de Jaques, et Salomé. Chez Matthieu (28,1-10), elles ne sont plus que deux, et bien plus de trois chez Luc (24,1-12).

À la découverte du tombeau ouvert et vide, chaque évangéliste décrit une manifestation divine. Chez Marc, il s’agit d’un jeune homme vêtu de blanc, pour Luc, ce sont deux hommes en vêtements éblouissants, quant à Matthieu, les femmes ne sont plus que deux, et l’évangéliste fait intervenir le personnage divin et biblique de l’Ange du Seigneur, venu rouler la pierre et endormir les gardes. Ces différences ne sont pas le signe d’une contradiction factuelle, au contraire, elles nous orientent vers la manière propre à chacun de vouloir expliquer, donner sens, à la résurrection. Nous ne sommes pas face des chroniques historiques mais des témoignages de foi.

Ce témoignage sur la résurrection se poursuit parfois par d’autres épisodes. Ainsi, l’évangéliste Marc est succinct et nous laisse même avec trois femmes saisies de crainte, tandis que saint Luc organise cette découverte tout au long de cette même journée, depuis les femmes au matin jusqu’au soir avec les disciples revenus d’Emmaüs et l’ensemble des apôtres (Lc 24).

Le Caravage, l'incrédulité de thomas, 1601

A la manière de Jean

Intéressons-nous à la façon dont l’évangéliste Jean raconte la découverte du tombeau vide. D’un point géographique, l’évangile de Jean est organisé en trois lieux où le ressuscité se manifestera : le jardin du tombeau avec Marie de Magdala (20,1-18), la maison où sont réfugiés les disciples (20,19-31) et enfin le bord du lac de Galilée(21,1-23). Comme à son habitude, l’évangéliste préfère les rencontres interpersonnelles qui lui permet de développer un véritable dialogue entre Jésus et un personnage de l’évangile. Ainsi nous entendront les dialogues du ressuscité avec Marie de Magdala (20,11-18), puis avec Thomas (20,24-31) et enfin avec Simon-Pierre (21,15-24). En définitive, Jean nous propose six épisodes qui construise les récits de résurrection. Les épisodes du chapitres 21 apparaissent comme des ajouts à l’évangile, signe de l’histoire de la rédaction de l’évangile. Ainsi, un premier épilogue apparaît à la suite de la manifestation à Thomas, tandis qu’un autre conclut l’ensemble de l’évangile après le dialogue avec Simon-Pierre.

Ernani Costantini, Jean chapitre 21, 1979

Au tombeau vide

  • La découverte du tombeau vide (20,1-10)
  • La rencontre avec Marie de Magdala dans ce même jardin (Jn 20,11-18)

A la maison

  • La manifestation aux disciples (Jn 20,10-23)
  • La rencontre particulière avec Thomas (Jn 20,24-29)
    • Le premier épilogue (20,30-31)

Au bord du Lac

François BESSONNET

Bibliste et prêtre pour le diocèse de Luçon (Vendée).