Blog et podcast par François, prêtre et bibliste

Jean et le Ressuscité (1/7) Jn 20-21

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Le lieu où Jésus a été déposé est vide. Nous pourrions aussitôt crier « Christ est ressuscité ». Mais tous les évangiles s’accordent au moins sur ce point : la découverte du tombeau vide a d’abord suscité crainte et questionnement chez les disciples eux-mêmes. Et c’est ce que nous allons découvrir avec l’évangéliste Jean.

Gaudenzio Ferrari, Christ Ressuscité,1550

Pâques et la résurrection de Jésus ne peuvent être évoquées sans ce mystère du tombeau vide. Chaque évangéliste nous fait passer par ce lieu et ce moment, soit le premier jour de la semaine correspondant à notre dimanche. Jésus est mort crucifié le vendredi précédent. Aucun évangile ne nous décrit la résurrection elle-même, c’est-à-dire la manière dont Jésus ressuscite. Tout ce qui nous est donné à entendre c’est un corps disparu de son tombeau. Aussi les quatre évangélistes vont, chacun à leur manière, remplir ce vide du tombeau de leur foi en la résurrection. Le récit semble le même pour les quatre évangélistes : des femmes viennent au matin, découvrent un tombeau vide, reçoivent un message d’êtres divins leur annonçant que Jésus est ressuscité, et elles repartent annoncer cette bonne nouvelle aux autres disciples et apôtres.

Des récits d’évangile différents

Piero della Francesca, Resurrection, 1463

La trame est identique mais les détails seront très divers : le nombre de femmes et leurs noms, la description de l’apparition de l’apparition céleste, et les termes du message, etc. S’il faut reprendre quelques éléments de la découverte du tombeau vide, on peut rappeler les traits descriptifs de chaque évangéliste.

Pour Marc (Mc 16,1-8), trois femmes vont au tombeau vide Marie de Magdala, Marie mère de Jaques, et Salomé. Chez Matthieu (Mt 28,1-10), elles ne sont plus que deux, et bien plus de trois chez Luc (Lc 24,1-12). A la découverte du tombeau ouvert et vide, chaque évangéliste décrit une manifestation divine. Chez Marc, il s’agit d’un jeune homme vêtu de blanc, pour Luc, ce sont deux hommes en vêtements éblouissants quant à Matthieu, il fait intervenir le personnage divin et biblique qu’est l’Ange du Seigneur venu rouler la pierre et endormir les gardes. Ces différences ne sont pas le signe d’une contradiction factuelle, elles nous orientent vers une manière propre à chacun de vouloir expliquer, donner sens, à la résurrection. Nous ne sommes pas en présence de chroniques historiques mais de témoignages de foi.

Ce témoignage sur la résurrection se poursuit parfois par d’autres épisodes. Ainsi, l’évangéliste Marc est succinct et nous laisse même avec trois femmes saisies de crainte, tandis que saint Luc organise cette découverte tout au long de cette même journée, depuis les femmes au matin jusqu’au soir avec les disciples revenus d’Emmaüs et l’ensemble des apôtres (Lc 24). On pourrait ainsi continuer à comparer chacun des récits et j’y reviendrai certainement à un autre moment.

A la manière de Jean

Le Caravage, l'incrédulité de thomas, 1601

Intéressons-nous à la façon dont l’évangéliste Jean raconte la découverte du tombeau vide. D’un point de vue spatiale, l’évangile de Jean est organisé en trois lieux où le ressuscité se manifestera : le jardin du tombeau avec Marie de Magdala (Jn 20,1-18), la maison où sont réfugiés les disciples (20,19-31) et enfin le rivage du lac de Galilée (Jn 21). Comme à son habitude, l’évangéliste Jean préfère les rencontres interpersonnelles qui lui permettent de développer un véritable dialogue entre Jésus et un personnage. Ainsi nous entendrons les dialogues du Ressuscité avec Marie de Magdala (Jn 20,11-18), puis avec Thomas (Jn 20,24-31) et enfin avec Simon-Pierre (Jn 21,15-24). En définitive, Jean nous propose six épisodes ; que nous allons suivre :

  • La découverte du tombeau vide (Jn 20,1-10)
  • La rencontre avec Marie de Magdala dans ce même jardin (Jn 20,11-18)
  • La manifestation aux disciples à la maison (Jn 20,10-23)
  • La rencontre particulière avec Thomas en cette même maison (Jn 20,24-31)
  • La pêche miraculeuse au bord du Lac (Jn 21,1-14)
  • Le dialogue avec Simon-Pierre toujours près du lac (Jn 21,15-24)

Ces six passages feront l’objet d’une publication. C’est pourquoi je ne vais pas développer plus en avant. La prochaine publication concernera donc la découverte du tombeau vide selon l’évangéliste johannique.

Références et citations

François

Prêtre catholique et bibliste du diocèse de Luçon (Vendée).

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