Blog et podcast par François, prêtre et bibliste

Where is this Very Wandering sheep ?

traduction : Où est cette brebis très vagabonde ?

Bon, avouez qu’avec un V et un W dans les mains, il n’est guère facile de trouver des mots connus de la langue française (à part Whisky et Vodka).  Plus de chance avec mon anglais scolaire1 et surtout avec l’évangile du jour qui évoque la parabole de la brebis perdue.

Elle a pu aller n’importe où, se fourrer à droite, à gauche, s’aventurer au nord, au sud, se risquer en haut des montagnes ou dans le creux des ravins (elle n’a pas eu le temps de faire des travaux de terrassement, elle  !) Elle a même pu s’éprendre d’un mouton d’un autre troupeau, se laisser séduire par un loup, trouver un trésor, voire même faire une partie de poker avec un boeuf  et un âne, au fond d’une étable… Rien, nous ne savons rien des motifs qui ont poussé, de gré ou de force, cette foutue brebis à se perdre  ! Et c’est heureux ainsi : car le berger ne s’en soucie guère non plus ! Ce qu’il veut c’est juste la retrouver, pour qu’elle puisse à nouveau profiter de sa tendresse et de la chaleur du troupeau. Mais pour elle, il laisse tout ! Abandonne les autres pour une seule. Et il part à sa recherche, car pour lui, elle fait partie du troupeau, et sans elle le troupeau n’est pas entier.

La question sous-jacente n’est donc pas : mérite-t-elle de faire partie du troupeau ? ou en fait-elle encore partie ? Car, il n’y a pas de mérite à en faire partie, elle y est de fait : c’est sa famille, son clan, son berger, sa vie, son avenir.  La question est donc : “Où est-elle ?”  Même si elle est loin, même si elle a “quitté” le troupeau de son propre chef, pour le berger, cette brebis lui est toujours précieuse. Il est intéressant de voir que dans nos remarques, nous sommes loin de cette parabole. Que, dans des conversations pastorales, parfois j’entends : “Oui, mais lui/elle, on ne le/la voit jamais à la messe !” Comme si le seul critère d’appartenance devait être la fidèle régularité à l’eucharistie dominicale2 et non le baptême. Cette brebis égarée, même la pire, fait toujours partie du troupeau. Mais où est-elle ? où EN est-elle ? Quels liens avons-nous gardés ou pouvons-nous renouer ? Voilà des questions qui devraient être notre souci premier, à l’image de ce berger christique de la parabole !

 

  1. les anglophones trouveront sans doute ce titre peu académique : j’assume !
  2. je ne nie pas son importance pour la vie de la communauté.

François

Prêtre catholique et bibliste du diocèse de Luçon (Vendée).
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