Veillez ! (Mc 13,24-37)

Veillez ! (Mc 13,24-37)

(modifié le: mercredi 14 novembre 2018)

Mc 13,24-37 Discours de Jésus, la venue du fils de l’homme (2nde partie)

La venue du Fils de l’homme

Mais en ces jours-là, après cette détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus son éclat, les étoiles du ciel tomberont, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et gloire. Et alors il enverra ses anges et rassemblera ses élus des quatre vents, de l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel. (13,24-27)

Michel Ange, Le Jugement Dernier, Chapelle sixtine, 1541Au Mont des Oliviers, la question des disciples portait sur l’avènement d’un signe annonçant la fin au Temple. La réponse de Jésus, dans une première partie, a exclu de ces signes annonciateurs les  guerres, séismes, famines et autres catastrophes. Car la tribulation annoncée, le commencement des douleurs, concernait en premier lieu la vie même des disciples face aux persécutions. Maintenant, au cœur de son discours, Jésus « décrit » la fin : le jugement définitif de Dieu. Mais en fait de description, il s’agirait plus d’allusions. Le bouleversement céleste fait contraste avec les faux signes terrestres. L’agir créateur de Dieu – et non celui destructeur des hommes – manifeste sa puissance jusqu’au plus haut. C’est lui le maître des éléments et des êtres. Et ce langage imagé est bien connu : soleil et lune qui s’obscurcissent, étoiles qui tombent se retrouvent dans les livres des prophètes annonçant les ténèbres pour ce Jour du Seigneur, jour grand et redoutable (Joël 2-4; Isaïe 13,10). Ce jour où Dieu exprimera sa colère contre toute méchanceté, contre les crimes des impies et l’orgueil des tyrans (Is 13,11).

Mais ce Jour du Seigneur est aussi et surtout celui du Salut et d’une re-Création. En établissant sa justice, Dieu vient sauver ceux qui en appellent à sa miséricorde en invoquant son Nom. Et le Seigneur ramène les captifs de Sion et de Jérusalem (Joël 4,1s. et Is 14). La volonté de Dieu est celle de rassembler ceux qui s’ouvrent à la miséricorde. Jésus reprend donc le langage des prophètes d’Israël et du livre de Daniel qui associe à ce Jour du Seigneur, la venue d’un Fils d’homme à qui sera donné souveraineté éternelle, gloire et royauté sans fin (Dn 7,13). Jésus permet à ses disciples de comprendre cette ‘fin’ non comme l’arrivée de catastrophes mais comme l’avènement du Sauveur et le commencement d’un jour renouvelé. Ce salut concerne le rassemblement, l’unité, de ceux qui hier étaient sous les persécutions : ses appelés, ses élus. Ceux qui, comme Pierre, André, Jacques et Jean,  à l’écoute de sa parole, ont tout quitté pour le suivre parfois jusqu’au martyr. Ainsi, les ténèbres laisseront place à la vraie lumière.

 

Les beaux jours du figuier

Du figuier apprenez cette parabole  : Dès que ses rameaux sont tendres et des feuilles poussent, vous reconnaissez que l’été est proche. Ainsi, vous aussi, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Fils de l’homme est proche, qu’il est à la porte.  Amen, je vous le dis, cette génération ne passera pas sans que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. Pour ce qui est de ce jour et de cette heure, nul ne les connaît, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul. (13,28-32)

D’un langage imagé à une parabole, il n’y a qu’un pas. Face au Temple, le figuier, symbole de la prospérité d’Israël en Dieu,  fait son retour. Et les beaux jours s’annoncent. Non plus ceux des ténèbres, mais celui de la proximité de l’été. Voilà la véritable fin, le but ultime du dessein de Dieu : les beaux jours du Fils de l’homme. Des beaux jours sans fin. Les générations passeront, le ciel, la terre aussi, mais non pas sa Parole. Jésus ici change de critère : la proximité de ce Jour n’est pas temporelle, elle est spatiale et surtout existentielle. Le jour du Seigneur est le Fils de l’homme qui se tient à la porte.

Ce ne sont pas ces signes, ces choses, que les disciples doivent reconnaître mais Jésus, le Fils de l’homme, Fils bien-aimé de Dieu, qui se tient au plus proche pour être accueilli dans la foi. Cette foi est sa Parole de Salut qui demeure à jamais; c’est en elle que les disciples doivent mettre leur espérance. Quant à la date …  pas même les êtres célestes pas même le Fils, nul ne la connait sinon le Père et son dessein. Alors ce n’est plus une question pour les hommes. La seule certitude, c’est la foi au Christ  qui se tient déjà à la porte.

Veillez à sa passion

Prenez garde, veillez ! Vous ne savez pas en effet quand ce sera le moment. C’est comme un homme en voyage, ayant laissé sa maison, confié l’autorité à ses serviteurs, à chacun son travail, et au portier a commandé de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand viendra le maître de la maison, le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin ; de peur que, survenant tout à coup, il ne vous trouve endormis. Ce que je vous dis, je le dis à tous : Veillez ! » (13,33-37)

VeillezDu verger de figuiers, nous passons, par la porte, à cette maison des disciples. Jésus met en avant non pas l’attente, mais la veille. Le veilleur est le portier qui ouvrira à son Seigneur. Il y a un départ, une absence, une vie ordinaire confiée aux serviteurs  et une veille, une vigilance : celle d’un retour. L’allusion de Jésus peut faire référence bien évidemment à ce retour du Christ après son ascension, sa parousie pour un jugement définitif. Mais, en y regardant de plus près, cet appel à veiller ne nous renvoie pas seulement à un futur imprévisible, mais à un présent bientôt réalisé. L’invitation à veiller (14,34) et ne pas s’endormir (14,40) quand l’heure vient (14,31), le soir (14,17; 15,37), le milieu de la nuit (14,27; 15,33), le chant du coq (14,30.68) …. Ces expressions annoncent déjà Gethsémani, nos Gethsémanis… notre confrontation à la croix du Christ (15,33), nos fidélités à sa Parole, nos reniements, son pardon. Veillez … pour l’accueillir dans ce jour nouveau, ce don du matin de Pâques (16,2).

à suivre


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