La parabole de la lampe (Lc 8,16-18)

Parallèle : Mc 4,21-25 ; Mt 5,15

Après celle du semeur, Jésus offre à ses disciples la parabole de la lampe. Les deux sont-elles en lien, et que représente cette dernière ?

Sur le lampadaire (8,16-18)

8, 16 Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase ou ne la met sous le lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. 17 Car rien n’est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n’est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. 18 Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car à celui qui a, on donnera ; et à celui qui n’a pas, même ce qu’il croit avoir sera enlevé. »

Manifester la lumière

Qui est cette personne qui allume une lampe ? Comme précédemment, deux options s’offrent à nous, et sans doute sont-elles à entendre ensemble.

Dans le contexte immédiat de la parabole du semeur, Jésus s’adressait à ses disciples, interrogeant leur fidélité à sa parole (8,11-15). Ainsi, en mettant en scène une personne allumant une lampe, le lecteur ne peut qu’associer cette figure à celle du disciple. Dès lors, dans la suite logique de la précédente, le disciple est non seulement celui qui accueille la parole mais doit en témoigner. Par sa vie, il est celui qui, ayant reçu, offre à voir, l’avènement du royaume, dans la charité fraternelle, l’accueil miséricordieux des pécheurs et l’amour des ennemis, si l’on prend appui sur le discours des béatitudes (Lc 6,17-49), ou sur les rencontres de Jésus. La vie des disciples manifeste l’avènement du royaume de Dieu.

Vigile pascale "The Easter Vigil" by Catholic Church (England and Wales) is licensed under CC BY-NC-SA 2.0

Ceux qui entrent

Ce témoignage est destiné à ceux qui entrent. L’image est étonnante. Il ne s’agit pas de porter la lumière afin que tous entrent, tel un fanal guidant les voyageurs. Le disciple permet à ceux qui entrent de voir la véritable lumière. Celle-ci est donc destinée à ceux qui sont déjà en chemin vers l’Évangile, ou plus exactement, pour reprendre la parabole précédente, au bord du chemin. Ainsi s’ouvre une autre interprétation.

Jésus avait mis en garde contre les épreuves et les tentations qui attendaient le disciple et en faisaient chuter certains. Avec cette parabole, Jésus indique à ses disciples, que par leur vie et leur fidélité à la parole, ils peuvent permettre à d’autres d’entrer plus en avant dans la maison, plus en profondeur dans la bonne terre. Ainsi peut s’entendre mieux l’avertissement : Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car, pour Luc, accueillir la parole de Dieu ne sert que si elle est mise en pratique au service de ses frères. Le disciple ne doit pas se féliciter d’être à l’écoute de la parole de Dieu et d’y rester fidèle, ni même se glorifier d’être un bon exemple : il n’est qu’une personne qui pose une lumière en haut du lampadaire. Car ici, ce n’est pas la personne qui compte mais la lampe, qui du haut, offre un salut. La personne qui allume la lampe s’efface derrière celle-ci, invitant également le croyant, comme la communauté, à en être simple le serviteur, comme, pour une part, l’illustrera le récit suivant.


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François BESSONNET

Bibliste et prêtre pour le diocèse de Luçon (Vendée). cf. bio