Si les lectures du mois d’août nous ont éclairés sur la notion chrétienne du renoncement, celles de ce mois de septembre nous invitent à l’accueil de la grâce du Christ comme aussi celui des personnes considérées pécheresses et exclues.

Pour que par lui le monde soit sauvé
Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple (7 sept., Lc 14,25-33). Cette parole de Jésus à ses disciples reprend le thème du renoncement entendu en août, mais l’éclaire d’un jour nouveau avec la mention de la Croix.
Cette année, le 14 septembre tombant un dimanche, nous célèbrerons la Croix Glorieuse. Heureux hasard du calendrier qui nous permet, dans ce chemin liturgique de septembre, de mieux saisir la condition du disciple. Dans l’évangile de Jean (14 sept., Jn 3, 13-17), Jésus évoque ce serpent de Bonze, préfiguration biblique de la croix. Celle-ci n’est pas présentée sous un aspect sacrificiel mais comme le lieu de la révélation à contempler et à recevoir. La croix exprime l’amour du Fils qui s’offre à ses disciples afin que le monde soit sauvé.
C’est dans cette logique de la croix que nous pouvons entendre les deux paraboles suivantes. Chacune met en scène une personne exclue : le gérant malhonnête (21 sept., Lc 16,1-13) et le pauvre Lazare (28 sept., Lc 16, 19-31). L’un exclu en raison de sa mauvaise gestion, l’autre exclu de la table de l’homme riche et juste. Si les deux paraboles ont des enjeux quelques peu différents, il amène le disciple qui les entend, à revoir sa conception du salut. Celle-ci n’est pas de l’ordre de la séparation entre justes et pêcheurs, entre bénis et maudits, entre une élite méritante et les autres…
En effet, le gérant malhonnête (et congédié) comprend que son salut n’est plus dans une gestion comptable, mais dans la délivrance des endettés, des débiteurs (métaphore probable des pécheurs) pour s’en faire des amis. Le riche (métaphore probable de l’homme pieux) souffrant aux enfers comprend qu’en maintenant Lazare loin sa table, il s’est exclu lui-même de celle d’Abraham.
La foi du disciple est ainsi orientée non vers un salut individuel – pour ne pas dire individualiste – mais vers ceux qu’une perception rigide de la foi exclue de manière définitive et parfois violente. Accueillir, dans la foi, la croix du christ, c’est prendre aussi ce chemin de Jésus mangeant et dialoguant avec les pécheurs, relevant l’opprimé, l’exclu, pour que, par Lui, le monde soit sauvé.
Bonne lecture et bon partage.
Le calendrier du mois
| Date | Dim. & fêtes | Commentaires |
|---|---|---|
| 24 août | 21e dim. ord. | La porte étroite Lc 13, 22-30 |
| 31 août | 22e dim. ord. | Le miracle de l’invitation Lc 14, 1.7-14 |
| SEPTEMBRE | ||
| 7 septembre | 23e dim. ord. | Préférer devenir disciple Lc 14, 25-33 |
| 14 septembre | Croix Glorieuse | Pour que le monde soit sauvé Jn 3,13-17 |
| 21 septembre | 25e dim. ord. | Le gérant malhonnête Lc 16, 1-13 |
| 28 septembre | 26e dim. ord. | L’homme riche et le pauvre Lazare Lc 16, 19-31 |
| OCTOBRE | ||
| 5 octobre | 27e dim. ord. | La foi des simples serviteurs Lc 17, 5-10 |
