De la surabondance de pains aux miettes, d’un Pierre quelque peu sceptique à un Pierre trop enthousiaste : outre la solennité de l’Assomption, les évangiles des dimanches sont tout en contrastes.

Si les évangiles de juillet nous ont permis de réentendre quelques paraboles de Jésus, c’est un autre fil que nous pouvons observer avec ceux du mois d’aôut. Deux éléments phares s’entrecroisent et peuvent guider nos lectures. Le premier concerne le pain (et une Cananéenne) et le second la figure de Pierre.
De la surabondance aux miettes
Dès le 2 août (18e dimanche ordinaire), nous entendons le récit de la multiplication de pains (Mt 14), où Jésus nourrit des foules, comme autrefois Dieu son peuple au désert, avec la manne (Ex 16), comme aussi les promesses fastueuses faites à Isaïe (Is 55). Le Christ vient nourrir le peuple de Dieu de sa présence, de sa parole. Le peuple de Dieu ? Mais qui exactement ?
C’est cette question des “élus” pour le salut que vient interroger une femme dite Cananéenne (Mt 15), lors du 20e dimanche ordinaire. Elle qui n’appartient pas au peuple juif, ni au groupe des disciples de Jésus. Et le qualificatif anachronique que lui donne Matthieu – Cananéenne – la renvoie au monde du passé, de la superstition et de l’idolâtrie. Rien à voir donc avec ‘le peuple de Dieu’ qui espère siéger à la table du Seigneur. Pourtant son audace et son cri exprime toute sa foi, sa grande foi selon Jésus. Elle, la “Cananéenne” qui ne se contenterait que de miettes, reçoit une surabondance de vie lorsque Jésus guérit sa fille aussitôt.
D’une tempête à l’autre
Paradoxalement si la foi de la Cananéenne est jugée ‘grande’ par Jésus. Il en fut tout autrement pour Simon-Pierre. Lors d’une tempête (Mt 14, 19e dim. ord, 9 août), voyant Jésus marcher sur l’eau, il souhaite le rejoindre de la même manière. Audace ou plutôt excès de zèle, la crainte s’empare de lui et le fait couler. Et Jésus de conclure : “homme de peu de foi !”
Pauvre Simon… Un peu plus tard, il reconnaît à raison que Jésus est Christ et félicité en cela par ce dernier (Mt 16, 21e dim. ord., 23 août) en recevant le nom de Pierre. Mais peu après (Mt 16, 22e dim. ord. , 30 août) quand celui-ci évoque sa Passion, sa mort et sa résurrection, Pierre s’y oppose, suscitant la vive réaction de Jésus (Mt 16, 22e dim. ord., 30 août) : derrière moi Satan ! Audacieux pour suivre Jésus en marchant directement sur les eaux, perspicace pour reconnaître en lui le Christ… il doit accepter que son Seigneur, et Christ, finisse sur une croix : chose impensable (selon lui) pour un messie. Mais essentiel pour percevoir le sens même du salut.
Assomption
Bien sûr nous n’oublions pas qu’entre Pierre, l’homme de peu de foi et pierre de l’Eglise, et la Cananéenne à la grande foi, nous célébrerons l’humble servante et mère du Sauveur en son Assomption le samedi 15 août.
Bonne lecture et bon partage.
Le calendrier
- 26 juillet, 17e dim. ord., Le trésor, la perle et le filet Mt 13, 44-52
Août
- 2 août, 18e dim. ord., Rassasier les foules Mt 14,13-21
- Jeudi 6 août, Transfiguration, L’incompréhensible Transfiguration Mt 17, 1-9
- 9 août, 19e dim. ord., Marcher dans la foi et sur la mer Mt 14,22-36
- samedi 15 août, ASSOMPTION, Visitation pour un temps nouveau Lc 1, 39-56
- 16 août, 20e dim. ord., Jésus et la femme cananéenne Mt 15,21-28
- 23 août, 21e dim. ord., Tu es Pierre Mt 16, 13-20
- 30 août, 22e dim. ord., Derrière moi Satan ! Mt 16, 21-28
SEPTEMBRE
- 6 septembre, 23e dim. ord, S’il t’écoute, tu a gagné ton frère Mt 18, 15-20
- 13 septembre, 24e dim. ord., Pardonner jusqu’à 70 fois Mt 18, 21-35
- 20 septembre, 25e sim. ord., Les ouvriers de le dernière heure, Mt 20, 1-16
- 27 septembre, 26e dim. ord., Un père, deux fils, une vigne Mt 21, 28-32
